Nucléaire, Syrie, visite en France : ce qu'il faut retenir de l'interview de Rohani

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Nucléaire, Syrie, visite en France : ce qu'il faut retenir de l'interview de Rohani
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Le président iranien était l'invité exceptionnel d'Europe 1 et de France 2, mercredi soir.

EXCLUSIF

François Hollande et Hassan Rohani se retrouveront mardi prochain pour un entretien en tête à tête à l'Elysée. Mais avant ça, le président iranien a accordé un entretien exclusif à Europe 1 et France 2, diffusé mercredi soir. Voici ses principales déclarations. 

• Sur sa visite en France : "Nous allons procéder à la signature de quelques accords"

A quelques jours d’une rencontre avec son homologue français François Hollande, le 17 novembre prochain, Hassan Rohani s'est notamment exprimé concernant la signature éventuelle de contrats commerciaux : "Avant ma visite, il y a eu des négociations, dans le domaine du transport, de l'agriculture et dans le domaine industriel, notamment automobile. C'est vrai que dans le domaine du transport, la reprise des vols entre les  deux pays ont fait l'objet de négociations. Dans quelques jours, nous  allons procéder à la signature de quelques accords qui constitueront la base de nos accords commerciaux."

Peut-on s'attendre à l'achat de quelques Airbus ? "Il y a d'autres compagnies qui nous vendent aussi des avions. De grandes compagnies, notamment Airbus, sont présentes en Iran. Nous achèterons, c'est vrai, à ces grandes compagnies, notamment Airbus." 

Retrouvez l'interview complète du président iranien :


Interview exclusive d'Hassan Rohani, président...par Europe1fr

• Sur le nucléaire : "l'Iran est décidé, plus que jamais, à honorer ses engagements"

Dans quelques jours auront lieu les premiers contrôles nés de l'accord nucléaire conclu entre l'Iran et les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), qui prévoit une limitation du programme nucléaire iranien contre une levée progressive et réversible des sanctions internationales. "L'Iran, depuis toujours, a coopéré avec l'Agence internationale de l'énergie atomique et ses rapports le prouvent clairement. Aujourd'hui, l'Iran est décidé, plus que jamais, à honorer ses engagements dans le cadre de l'accord nucléaire, à condition toutefois que nos interlocuteurs restent eux aussi attaché à leurs engagements", a assuré le président iranien.

• Sur la crise syrienne : "Il faut un gouvernement fort à Damas"

La crise syrienne et la coopération bilatérale entre Paris et Téhéran seront au cœur de l'entretien avec son homologue français François Hollande. Pour Hassan Rohani, qui soutient Bachar al-Assad, "il ne s'agit pas d'une personne, d'un individu. Il s'agit d'une nation, du peuple syrien, de la sécurité et de la stabilité de la Syrie. Je pense que certains sont en train de faire dévier les vraies interrogations. Est-ce que, sans le rétablissement d'un gouvernement fort à Damas, il est possible de combattre le terrorisme ?", s'est interrogé le président iranien. Un "gouvernement fort" dirigé par Bachar al-Assad ? "En Syrie, notre première priorité est de combattre le terrorisme. Il faut le retour de la sécurité, que les gens regagnent leur foyer. Ensuite, nous souhaitons que le peuple syrien décide pour son sort."

•  Sur le conflit israélo-palestinien : Rohani réclame "un vote du peuple"

Interrogé sur le conflit israélo-palestinien, le président iranien a d'abord rappelé la position de son pays : l'Iran "a déclaré à plusieurs reprises ne pas reconnaitre la légitimité de l'Etat d'Israël actuel. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas de relation avec cet Etat. La seule solution, c'est une élection libre".

Puis il avancé ce qu'il estime être la solution au conflit : Une fois réuni, tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens, tous ceux qui appartiennent à cette terre et sont aujourd'hui réfugiés doivent revenir dans leur pays et voter".

• Sur l'Iran : "Je vais mettre en place une charte des droits des citoyens"

Sadaf Taherian, jeune actrice iranienne de 27 ans, a publié sur les réseaux sociaux une photo d'elle sans le voile islamique, comme le requièrent pourtant les règles vestimentaires en Iran. Pour Hassan Rohani, "chacun est libre, dans sa vie privée, et fait ce qui lui plaît. Mais en Iran, nous avons des lois, et les Iraniens doivent les respecter". Mais un peu plus tard, le président iranien reconnaît qu'"il se peut que [s]es opinions ne correspondent pas exactement aux autres responsables…" et d'ajouter : "Je vais mettre en place une charte des droits des citoyens et je l'appliquerai. Je suis en train de la préparer. C'est une charte très globale, et tous les citoyens devront jouir de droits égaux".