L'UE avance un nouveau pion pour relancer l'Europe de la Défense

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L'UE avance un nouveau pion pour relancer l'Europe de la Défense
L'accord aura pour but de développer des programmes d'armement et de faciliter la mise sur pied d'opérations extérieures. Image d'illustration. @ LOIC VENANCE / AFP
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Vingt-trois pays de l'Union européenne ont acté lundi une "coopération militaire renforcée".

Vingt-trois pays de l'Union européenne ont acté lundi leur intention de s'engager dans une "coopération" militaire renforcée, dans le développement d'armements comme les opérations extérieures, avec pour ambition affichée de relancer l'Europe de la Défense.

Une coopération complémentaire à l'Otan. Cette initiative est une "réponse au développement des attentats" à l'automne 2015, mais également "à la crise en Crimée", a souligné le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, en arrivant à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues et les ministres de la Défense de l'UE.

"Il était important pour nous, particulièrement après l'élection du président américain [Donald Trump], que nous puissions nous organiser indépendamment, en tant qu'Européens. Ceci est complémentaire à l'Otan, mais nous voyons que personne ne va résoudre à notre place les problèmes de sécurité que l'Europe a dans son voisinage. Nous devons le faire nous-mêmes", a pour sa part insisté la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen.

Tout d'abord des projets. En théorie, cette coopération renforcée peut déboucher sur la mise sur pied d'un quartier général opérationnel pour des unités de combat de l'UE ou d'une plateforme logistique d'opérations. Mais dans un premier temps, elle devrait prendre la forme de projets - à quelques-uns - de développement de matériel (chars, drones, satellites ou avions de transport militaire) ou encore d'un hôpital de campagne européen. Plus de 50 projets ont été déposés, a précisé Federica Mogherini, qui espère que la CSP permettra des "économies d'échelle" pour l'industrie de la défense européenne aujourd'hui trop "fragmentée" par rapport à la concurrence américaine.

Combler certaines "lacunes stratégiques". Les participants promettent également de "combler" certaines "lacunes stratégiques" des armées européennes avec des objectifs d'investissement en recherche ambitieux (2% des budgets de défense). L'objectif affiché est également de pouvoir mettre sur pied plus rapidement des missions militaires de l'UE, souvent pénalisées par le manque d'entrain des États à mettre à disposition des soldats.

Le Royaume-Uni en retrait. Le Royaume-Uni, traditionnellement atlantiste et premier budget militaire de l'UE, s'est toujours farouchement opposé à tout ce qui pouvait évoquer de près ou de loin une "armée européenne", considérant que la défense territoriale de l'Europe était l'unique prérogative de l'Otan. Mais le Brexit prévu en mars 2019 approche et Londres - qui s'est exclu de la CSP avec le Danemark - n'a pas voulu faire obstacle à cette initiative, qualifiée d'"idée prometteuse" par son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

Stimuler l'industrie européenne de la défense. L'UE veut aussi se doter prochainement d'un fonds pour stimuler l'industrie européenne de la défense, qui sera à terme doté de 5,5 milliards d'euros par an. Elle a aussi créé au printemps son premier QG militaire, qui pilote trois opérations non combattantes en Afrique. L'Irlande, le Portugal et Malte n'ont pas rejoint à ce stade la CSP, qui sera officiellement lancée en décembre.