Mairie de Londres : Zac Goldsmith, Sadiq Khan, deux candidats que tout oppose

  • A
  • A
Mairie de Londres : Zac Goldsmith, Sadiq Khan, deux candidats que tout oppose
@ JUSTIN TALLIS / AFP ADRIAN DENNIS / AFP
Partagez sur :

L’un est fils de milliardaire, l’autre d’immigré pakistanais. Tous les deux briguent, jeudi, la mairie de Londres.

Les Londoniens élisent jeudi leur nouveau maire, qui succédera à Boris Johnson. En lice, deux candidats diamétralement opposés : un fils de milliardaire, Zac Goldsmith et un musulman, fils d'un chauffeur d'autobus pakistanais, Sadiq Khan. Ce dernier est donné largement favori par les sondages.

Enfance dorée pour l’un, vie en HLM pour l’autre

Sadiq Khan est né en 1970 dans une famille musulmane pakistanaise qui vient, à l'époque, de s’installer en Grande-Bretagne. Il grandit dans un HLM, entouré de ses six frères et sœurs, dans le quartier populaire de Tooting, où il vit toujours aujourd’hui. Son rêve, à l’époque, est de devenir dentiste. Mais un de ses professeurs l'encourage à faire du droit. Quelques années plus tard, Sadiq Khan devient avocat et se spécialise dans les droits de l’Homme.

Zacharias Goldsmith, 41 ans, est, quant à lui le fils du milliardaire franco-britannique Jimmy Goldsmith. Avant de se lancer en politique, Zac Goldsmith était surtout connu pour ses apparitions dans la chronique mondaine, aux côtés de sa soeur Jemima, ex-femme de la star du cricket pakistanais Imran Khan. A 16 ans, il s'est fait renvoyer de la prestigieuse école d'Eton où tout bon fils de famille suit sa scolarité comme les princes William et Harry, pour possession de cannabis.

Une carrière de réseaux pour l’un, un dur labeur pour l’autre

Après avoir été renvoyé d’Eton, Zac Goldsmith a voyagé pendant quelques temps avant d’intégrer le journal de son oncle, The Ecologist. Puis ses relations le mènent progressivement vers la politique. Finalement, en 2010, il est élu député conservateur de la circonscription huppée de Richmond Park. Il est réélu en 2015.

Du côté de Sadiq Khan, l’engagement politique remonte à son adolescence. A 15 ans, il adhère au parti travailliste. Quelques années plus tard, en 1994, il décroche le siège de conseiller municipal de Wandsworth, dans le sud de Londres. Il y restera jusqu’en 2006. Il devient ensuite député de son quartier d’enfance, Tooting. Trois ans plus tard, le Premier ministre Gordon Brown lui offre le poste de ministre chargé des communautés, puis celui des Transports l'année suivante. Il devient alors le premier musulman à siéger dans un gouvernement britannique.

Un député de circonscription huppée, face au ministre chargé des communautés

Sadiq Khan n’a jamais voulu cacher ses origines modestes, ni sa religion. Il en a même fait une force dans le débat tout au long de sa campagne. Et c’est ce passé modeste qui lui permet aujourd’hui  de proposer une belle histoire de réussite aux Londoniens. Le travailliste rappelle régulièrement que son père était chauffeur de bus et sa mère couturière.

Zac Goldsmith, quant à lui, s’est parfois montré très éloigné des préoccupations des Londoniens. Interrogé par une journaliste de la BBC sur des sujets très simples comme les noms de stations de métro ou encore l’emplacement de certains musées, il a été incapable de répondre.

L’un est attaqué sur l’islam, l’autre sur son manque de diplôme
 
L’un comme l’autre, les deux candidats doivent faire face à un flot de critiques venant du camp adverse.Les conservateurs accusent Sadiq Khan d’être proche des extrémistes musulmans. Cette semaine encore, les attaques ont été virulentes avec ce titre publié dans  le journal pro-conservateur Mail on Sunday : "Jeudi, allons-nous vraiment donner la ville la plus fantastique au monde à un Parti travailliste qui pense que les terroristes sont ses amis?". Une question illustrée de la photo d'un autobus éventré lors des attentats terroristes qui ont frappé la capitale britannique le 7 juillet 2005.

Mais Sadiq Khan  a désormais l’habitude de ces provocations. Il leur fait toujours la même réponse en rappelant qu’il a voté pour le mariage homosexuel, ce qui lui a valu des menaces de mort, et qu'il a toujours dénoncé le radicalisme comme un cancer. "Je veux être là pour tous les Londoniens, de toutes confessions, pour les millionnaires, les milliardaires, les chauffeurs de bus et les internes en médecine", a-t-il  récemment déclaré au quotidien The Daily Telegraph.

De son côté, Zac Goldmisth doit faire face à ceux qui s'interrogent sur son manque de formation et d'expérience professionnelle.  Et c’est son directeur de campagne qui leur répond : "jugez sur les actes : Zac a amélioré son score en tant que député de Richmond", ajoutant qu’il vaut mieux, pour les Londoniens, élire un maire proche du gouvernement.