L'indépendantiste catalan Artur Mas devant la justice

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L'indépendantiste catalan Artur Mas devant la justice
En 2014, Artur Mas, alors président de la Catalogne, avait organisé une consultation populaire sur l'indépendance de la province.@ JOSEP LAGO / AFP
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Comparaissant pour avoir organisé un référendum sur l'indépendance, le Catalan Artur Mas n'entend pas céder sur sur sa volonté de voir la Catalogne indépendante.

L'ancien président de la Catalogne Artur Mas s'est dit déterminé dimanche à "aller de l'avant", promettant que les séparatistes continueraient à défier Madrid, à la veille de son procès pour avoir organisé en 2014 un vote sur l'indépendance interdit par la justice.

Le référendum sur l'indépendance ? "Nous avons fait ce qu'il fallait". "Nous sommes déterminés à aller de l'avant. Nous avons fait ce qu'il fallait en 2014 et nous le referions si les circonstances se présentaient à nouveau", a-t-il déclaré lors d'un conférence de presse à Barcelone.

Président de cette riche région au nord-est de l'Espagne de 2010 à 2016, Artur Mas sera jugé à partir de lundi, aux côtés de deux autres membres de son gouvernement, pour désobéissance et prévarication pour avoir organisé une consultation sur l'indépendance le 9 novembre 2014.



2,3 millions de participants au référendum. Interdit quelques jours auparavant par la Cour constitutionnelle espagnole, le vote avait quand même été organisé et avait attiré 2,3 millions d'électeurs de cette région de 7,5 millions d'habitants. "Nous défendons la cause de la démocratie et c'est une cause universelle", a ajouté le leader indépendantiste, qui présente son procès comme un jugement politique.

"Nous avons été très fermes pour permettre au peuple catalan de voter. C'était notre obligation, notre responsabilité et notre but", a-t-il déclaré, accompagné des deux autres accusées, Joana Ortega et Irene Rigau.

Jusqu'à 10 ans d'interdiction d'exercer des fonctions publiques. Les trois responsables, pour qui le parquet a requis une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant neuf à dix ans (dix pour M. Mas), ont assuré que leur stratégie de défense sera collective.

"Nous ne sommes pas disposés à (accepter) qu'aller aux urnes constitue un délit", a affirmé Artur Mas, menaçant de porter l'affaire devant la justice européenne. L'ancien président a assumé d'être "le premier responsable" de l'organisation du vote mais a clamé, parfois au bord des larmes, son innocence.

Un nouveau référendum en septembre ? Ce procès intervient alors que les relations entre Barcelone et Madrid sont des plus tendues, le successeur d'Artur Mas à la tête de la Catalogne, Carles Puigdemont, ayant promis d'organiser un référendum sur l'autodétermination, en principe en septembre, avec ou sans l'aval de Madrid.

Les conservateurs au pouvoir en Espagne martèlent qu'un tel vote serait illégal, et pourraient même selon plusieurs médias mettre la Catalogne sous administration directe pour l'empêcher.
Si le "oui" l'emportait, les séparatistes lanceraient immédiatemment le processus de sécession.