"C'est tragique pour la Catalogne", déplore Manuel Valls

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L'ancien chef du gouvernement français, né à Barcelone, a regretté dimanche sur Europe 1 qu'une telle crise soit survenue en Catalogne.

INTERVIEW

Manuel Valls n'a pas changé de regard sur la crise catalane. L'ancien Premier ministre, né à Barcelone, a déploré la situation et regretté le jusqu'au-boutisme des indépendantistes, dimanche matin, dans le Grand rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNEWS. "C'est tragique pour la Catalogne. C'est une grande région qui a un statut d'autonomie sans pareil. Tout le monde parle catalan, on apprend le catalan à l'école, la télévision, les médias sont en catalan. Le statut de la Catalogne est inscrit dans la constitution espagnole", a-t-il listé.

Les indépendantistes "fracturent la société". "L'identité catalane c'est d'être catalan, d'être espagnol et d'être européen. Ce que sont en train de réussir les indépendantistes est de fracturer cette société, à ce que les entreprises, près de 2.000 partent de la Catalogne", et "que le vivre ensemble, caractéristique de Barcelone, soit mis en cause". 

Manuel Valls a également refusé de considérer les huit ministres catalans incarcérés comme des prisonniers politiques. "Dans n'importe quel pays, une tentative de sédition, de séparatisme, est sanctionnée durement. C'est comme si chez nous une grande région décidait d'organiser un référendum, qui n'est pas prévu dans la Constitution, et de déclarer son indépendance. Enfin ! L'État réagirait avec la plus grand fermeté", a-t-il ajouté.

"Quand on touche aux frontières, tout peut se désagréger". "Donc il faut aider le gouvernement espagnol, parce que nous sommes européens, en les soutenant pour trouver la bonne solution politique, qu'ils trouveront eux par le dialogue après les élections", a poursuivi le député désormais apparenté LREM, soulignant qu'il n'échangeait pas avec Carles Puigdemont, avant de conclure avec un conseil, "en général". "Ça vaut pour chacun d'entre nous : c'est la responsabilité, le sens de l'État. Il ne faut jamais oublier que quand on touche aux frontières, aux nationalités, tout peut se désagréger. Et on ne peut pas désagréger un État-nation aussi fort que notre voisin l'Espagne".