Le pape valide la célébration de mariages par des prêtres lefebvristes

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Le pape valide la célébration de mariages par des prêtres lefebvristes
Toujours par souci de ne pas laisser les fidèles "dans le doute", le pape avait déjà autorisé les prêtres levebvristes à entendre les confessions.@ VINCENZO PINTO / AFP
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Cette mesure permet d'"éviter les débats de conscience" des fidèles qui adhérent à la fraternité Saint-Pie X.

Le pape François a décidé de valider, à certaines conditions, la célébration de mariages par des prêtres intégristes lefebvristes, dans un nouvel effort de rapprochement avec cette communauté traditionaliste qui a rompu avec l'Église.

Si aucun prêtre catholique n'est disponible. Dans une lettre envoyée à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) et publiée mardi, le Vatican précise que, "dans la mesure du possible", un prêtre catholique du diocèse devra assister au mariage et recevoir le consentement des époux. Suivra ensuite une messe célébrée par la FSSPX. Mais si aucun prêtre du diocèse n'est disponible, un prêtre lefebvriste pourra recevoir le consentement des époux, précise le texte approuvé par le pape François. À charge pour les prêtres lefebvristes - dont le Vatican ne reconnaît plus des ordinations - d'envoyer ensuite au plus vite le certificat de mariage aux autorités diocésaines.

Ne pas laisser les fidèles "dans le doute". L'Église souhaite ainsi "éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement du mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle", précise la lettre signée par le cardinal Gerhard Müller, président de la Congrégation pour la doctrine de la foi (gardien du dogme catholique).

Toujours par souci de ne pas laisser les fidèles "dans le doute", le pape avait déjà autorisé les prêtres levebvristes à entendre les confessions.

Une fraternité hostile à la modernisation. La FSSPX, fondée en 1970 par Mgr Lefebvre, compte 600 prêtres dans le monde, dont 150 en France. Hostile à la modernisation entreprise depuis le concile Vatican II (1962-1965), cette communauté traditionaliste a rompu avec l'Église en 1988. Les efforts de rapprochement entrepris sous Benoît XVI n'ont pas abouti. Le pape François a rencontré pour sa part en avril 2016 le supérieur général de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay. Ce dernier dénonce une trop grande bienveillance à l'égard d'un monde contemporain que les intégristes considèrent comme habité par le mal. Le Vatican rappelle mardi dans sa lettre "la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d'illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint-Pie X".