Ce que l'on sait de l'auteur de la fusillade de Munich

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Ce que l'on sait de l'auteur de la fusillade de Munich
@ STRINGER / AFP
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Ses voisins parlent d'un garçon calme et introverti, amateur de jeux vidéos de geurre. Plusieurs d'entre eux l'ont immédiatement reconnu sur les vidéos de la tuerie et ont alerté la police. 

Des hurlements de sirènes qui déchirent la nuit estivale et des rues soudain désertes : Munich a connu un véritable état de siège dans la nuit de vendredi à samedi après l'attaque dans un centre commercial qui a fait neuf morts, seize blessés, et dont l'auteur s'est suicidé. L'alerte est levée après plusieurs heures de chaos. L'auteur des tirs, un Germano-Iranien âgé de 18 ans du nom d'Ali David Sonboly, aurait agit de son chef, sans lien avec la mouvance islamiste, selon les premières constatations des enquêteurs. 

Dépressif. Samedi, alors que la rumeur d'un attentat islamiste a couru en Allemagne vendredi soir, le procureur a annoncé que le tireur n'a "pas la moindre relation" avec le groupe Etat islamique. "Nous partons du principe qu'il s'agit dans cette affaire d'un acte classique d'un forcené" qui a agit manifestement sans motivation politique, a déclaré à la presse un représentant du parquet de Munich, "il n'y a pas d'autres raisons". "Nous avons trouvé des éléments montrant qu'il se préoccupait des questions liés aux forcenés" auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a précisé le chef de la police de Munich, Hubertus Andrä.

Originaire d'un quartier bourgeois. David Ali Sonboly, un jeune homme de 18 ans, était originaire d'un quartier bourgeois du centre de Munich et vivait encore chez ses parents. Selon les médias locaux, la famille habite dans un logement social où résident de nombreux étrangers ou Allemands d'origine étrangère. Avec son petit pistolet automatique, un Glock, il a ouvert le feu sur les clients d'un fastfood tout d'abord, puis sur les passants devant ce centre commercial.

L'ombre de Breivik. Il avait quelque 300 munitions sur lui, a précisé Robert Heimberger, président de l'Office bavarois des enquêtes criminelles, cité par le site Internet de la ville. Une vidéo authentifiée le montre très calme, agissant de sang-froid dans le chaos général. Dans une vidéo amateur filmée au moment de la fusillade, il s'écrie en réponse à un riverain qui le traite de métèque : "Je suis Allemand, je suis né ici" puis, comme en forme d'excuse, "J'étais en traitement hospitalier".

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Anders Breivik à son arrivée au tribunal, installé dans sa prison, mercredi matin. © Lise Aserud / NTB Scanpix / AFP


La police est absolument catégorique : il a agi seul, et deux autres suspects traqués pendant une longue partie de la nuit n'ont finalement pas de lien avec cette fusillade. Les enquêteurs ont aussi établi une connexion entre la fusillade et le tueur norvégien Anders Behring Breivik. "Le lien est évident", a dit Hubertus Andrä, en soulignant que la fusillade était intervenue 5 ans jour pour jour après le massacre de 77 personnes par l'extrémiste de droite Breivik, le 22 juillet 2011.

Un introverti, amateur de jeux vidéo. Selon une source policière citée par l'agence DPA, il était un fan de jeux vidéos de guerre et, plus symptomatique, un admirateur d'un jeune Allemand de 17 ans qui avait perpétré un massacre dans son école près de Stuttgart en 2009. Pour Sedik Ali, un Afghan de 29 ans, le tueur, plutôt grand et costaud, laissera surtout le souvenir d'un jeune homme seul, à l'écart des autres. "C'est étrange, mais il ne parlait jamais avec nous", note ce voisin, qui jouait en revanche régulièrement au ballon avec son jeune frère dans un parc du quartier.

Beaucoup de voisins se souviennent l'avoir vu distribuer des journaux gratuits, qu'il transportait derrière lui dans un chariot.  "J'en ai retrouvé une fois dans la poubelle et lui ai dit :"ne les jette pas si tu dois les distribuer !", raconte Stephan, le serveur du "Treemans", un café branché installé au rez-de-chaussée de l'immeuble ou vivait le garçon. Selon lui également, "tout dans son langage corporel était synonyme de 'je ne veux pas vous parler'".

Perquisition à son domicile cette nuit. Il y a eu une perquisition cette nuit au domicile des parents du jeune homme dans un arrondissement central de Munich autour du quartier des musées et des universités. Le père est actuellement entendu dans les locaux de la police générale. Plusieurs voisin ont immédiatement reconnu le tireur sur les vidéos de la tuerie et ce sont eux qui ont informé la police de son identité, alors que la chasse à l'homme était encore en cours.  

Il n'était pas connu de la police. La police, qui a déployé 2.300 hommes sur le terrain vendredi, reste extrêmement prudente. Elle ne parle plus d'acte terroriste mais emploie samedi matin le terme de "fusillade" pour désigner cette attaque. Le président de la police de Munich n'avance encore aucune piste pour expliquer cette tuerie : "les motivations et le contexte de cet acte sont totalement flous". Poursuivi par des patrouilles de police, le jeune forcené s'est ensuite donné la mort dans la soirée. Il n'était pas connu de la police, et selon le président de la police de Munich, il n'a pas de lien avec le terrorisme islamiste du nord de la région qui a attaqué au couteau et à la hache un train de Bavière lundi soir.

Conseil de sécurité en urgence. La chancelière allemande Angela Merkel a convoqué pour samedi à Berlin une réunion de son conseil fédéral de sécurité.