La rue peut-elle chasser Poutine ?

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La rue peut-elle chasser Poutine ?
@ Reuters
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Après le printemps arabe, certains imaginent un printemps Russe.

Les 120.000 manifestants  qui se sont exprimés la veille de noël à Moscou, vont-ils réussir à pousser Vladimir Poutine à la démission ? La question est sur toutes les lèvres depuis la manifestation de samedi. L’ancien chef de l’Etat, Mikhaïl Gorbatchev,  a d’ores et déjà demandé à Vladimir Poutine de lâcher le pouvoir comme il l’avait lui-même fait le 25 décembre 1991. Mais si les appels à démission semblent se multiplier, le retrait de Vladimir Poutine de la vie politique russe apparaît quand même improbable.

Poutine est encore populaire

"Le rapport entre Poutine et l’opinion russe est encore relativement solide. Il est encore populaire", déclare ainsi Thomas Gomart, Directeur du centre des nouveaux états indépendants à l’institut français de relations internationales (IFRI). Selon le chercheur qui s’est exprimé sur Europe 1, le départ de Vladimir Poutine est assez improbable dans les semaines, les mois, voir les années à venir.

En revanche, il reconnaît que le temps politique souhaité par Poutine risque de ne pas être aussi long que prévu. "L’horizon 2024 que s’était fixé Poutine va sans doute devoir être raccourci et il est possible aussi qu’il ne soit pas élu au premier tour le 4 mars".

"Poutine n’est pas quelqu’un qui a peur"

De son coté, Hélène Blanc, politologue, criminologue et spécialiste du monde slave, explique elle aussi qu’il apparaît difficile de voir Vladimir Poutine laisser la rue décider de son sort. "Poutine n’est pas quelqu’un qui a peur", explique-telle sur Europe 1 avant d’ajouter : "Il doit quand même être un peu embêté pour la présidentielle de mars 2012".

L’opposition doit se mobiliser avant le 4 mars

Pour Thomas Gomart, si Vladimir Poutine jouit toujours d’une certaine popularité parmi la population, "le doute s’est instillé concernant sa capacité à être toujours considéré comme le leader principal de la Russie".  Et pour le chercheur, "la question est de savoir si l’opposition va parvenir à se mobiliser avant le 4 mars (date de l’élection présidentielle russe)".  "Et ça, c’est une interrogation", précise le chercheur qui explique également que l’opposition russe doit se fédérer autour d’un leader pour espérer peser un peu plus.

"La société russe commence à  s’éveiller"

"Les manifestations montrent un réveil politique et civique de la société. Les législatives ont été truquées et la nouvelle permutation de poste (entre Poutine et Medvedev - ndlr) met en colère les Russes", a confié Hélène Blanc.

Mais cette colère ne semble pas suffisamment forte pour amener Vladimir Poutine à lacher du lest. C’est le constat que dresse Hélène Blanc : "honnêtement j’aurais du mal à croire que Poutine ait envie de démissionner (…) en revanche peut-être que l’état russe pourrait se libéraliser…mais j’en doute", a-t-elle enchaîné. "La société russe commence à s’éveiller, mais il ne faut pas faire d’analogie entre le printemps arabe et un éventuel printemps russe", conclu-t-elle.