La Pologne payera 100.000 euros par jour si elle continue l’abattage de la forêt de Bialowieza

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La Pologne payera 100.000 euros par jour si elle continue l’abattage de la forêt de Bialowieza
La forêt de Bialowieza est un site classé Natura 2000 et protégée par l'Unesco.@ WOJTEK RADWANSKI / AFP
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La justice européenne a menacé lundi Varsovie de 100.000 euros d'astreinte par jour d'abattage de bois constaté dans la millénaire forêt de Bialowieza.

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a menacé lundi la Pologne d'une astreinte "d'au moins 100.000 euros par jour" si elle ne cessait pas "immédiatement" l'abattage des arbres dans la forêt de Bialowieza, une des forêts naturelles les mieux conservées d'Europe. "Sauf cas exceptionnel et strictement nécessaire pour assurer la sécurité publique, la Pologne doit cesser immédiatement les opérations de gestion forestière active dans la forêt de Bialowieza", a indiqué la CJUE, basée à Luxembourg, dans une ordonnance. "Si la violation de cette injonction devait être constatée, la Cour ordonnera à la Pologne de payer à la Commission une astreinte d'au moins 100.000 euros par jour", poursuit-elle.

Bras de fer judiciaire. Site classé Natura 2000 et protégé par l'Unesco, la forêt de Bialowieza est au cœur d'un bras-de-fer juridico-environnemental depuis plusieurs mois entre l'UE et le gouvernement polonais. La Commission accuse Varsovie de coupes illégales à Bialowieza, un massif héritier des grandes forêts primaires d'Europe, et a porté l'affaire devant la justice européenne. Le 27 juillet, la CJUE avait ordonné la suspension immédiate des opérations d'abattage d'arbres dans cette forêt située au nord-est de la Pologne. 

Varsovie accuse en retour la justice européenne de manquer d'impartialité, affirmant procéder à des coupes "de protection" uniquement pour stopper la prolifération d'insectes xylophages, protéger le trafic routier et lutter contre les feux de forêt.

Des coupes de bois polémiques. Dans son ordonnance de lundi, la Cour demande à la Pologne de "communiquer à la Commission, au plus tard quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, toutes les mesures qu'elle aura adoptées afin de la respecter pleinement". Elle devra préciser "de manière motivée, les opérations de gestion forestière active en cause qu'elle prévoit de poursuivre en raison de leur nécessité pour assurer la sécurité publique". En mars 2016, le ministre polonais de l'Environnement avait donné son feu vert à un plan controversé permettant de développer l'exploitation du bois dans la forêt de Bialowieza, selon lui afin de répondre aux attaques d'insectes xylophages. Mais nombre de scientifiques et d'organisations environnementales contestent les arguments du gouvernement et protestent régulièrement sur place.