La longue déchéance du maire de Toronto

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La longue déchéance du maire de Toronto
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RÉCIT - Déchu de ses pouvoirs de maire, Rob Ford conserve son fauteuil et enchaîne les bourdes.

L’INFO. Rob Ford persiste et signe. L’infréquentable maire de Toronto, acculé par les scandales sur sa consommation de drogues et d’alcool et sur ses propos salaces, a perdu ses pouvoirs tout en conservant son fauteuil. Plutôt que de faire profil bas, cet élu haut en couleur a promis de porter l’affaire devant la justice. Résumé des derniers épisodes d'un feuilleton qui tient le Canada en haleine.

Ses pouvoirs transférés à son numéro deux. Les jours se suivent et les scandales s’accumulent pour l’édile de Toronto, élu en 2010. Il y a une dizaine de jours, l’homme de 44 ans a admis avoir fumé du crack, sans toutefois bien se souvenir des circonstances précises car il était ... ivre. Depuis, de nouvelles révélations ont été faites par la presse locale sur d’autres consommations de drogue, ainsi que sur la fréquentation de prostituées lors de soirées de débauche à l’Hôtel de ville. Excédés, les conseillers municipaux de Toronto ont fini par sévir, via une série de motions adoptées lundi. Les pouvoirs exécutifs de Rob Ford lui ont donc été retirés et transférés à son numéro deux, Norm Kelly.

norm kelly, numéro 2 de Rob Ford, REUTERS

L’élu a aussi perdu un soutien de poids, celui de la chaîne de télévision conservatrice Sun News Network, qui a mis fin à son émission après un seul épisode, sans donner d’explication.

maire de toronto

© CAPTURE D'ECRAN TORONTO STAR

"Vous venez d’attaquer le Koweït". Devant le conseil municipal, le maire ne s’est pourtant pas avoué vaincu et a promis de porter l’affaire devant la justice, qualifiant l’initiative de "coup d’État moderne". Histoire de donner le ton, Rob Ford a lancé à ses collègues : "vous venez d’attaquer le Koweït". En clair, il promet une réponse aussi vigoureuse que celle de George Bush après l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990. Et dans une ambiance crispée, le maire obèse a frôlé l’incident, à quelques minutes du vote fatidique contre lui. Son frère Doug se trouvait alors au bord des gradins du public, en pleine algarade avec des opposants qui criaient "honte, honte, honte !". Rob Ford faisait à ce moment-là le tour de l’assemblée, avec son garde du corps, prenant en photo ses détracteurs. Il a soudain décidé de se lancer à la rescousse de son frère. Mais dans sa précipitation, il n’a pas pu éviter une conseillère municipale qui se trouvait sur son chemin et a manqué de la faire tomber.

La nouvelle bourde de Rob Ford :

Le soutien du Premier ministre. Seule consolation : Rob Ford conserve tout de même son fauteuil de maire, malgré la perte de son pouvoir de présider et de décider de l’ordre du jour du conseil exécutif, qui gère la ville au jour le jour. Et dans sa déchéance, il garde aussi un soutien de poids, celui du Premier ministre canadien, conservateur comme lui. Stephen Harper a en effet assuré qu’il allait "continuer à travailler" avec Rob Ford, tout en jugeant "troublantes" les "dernières allégations" au sujet de son allié dans la capitale économique du pays.

Une amorce de come-back ?  Dans une longue interview accordée à la chaîne canadienne CBC, Rob Ford a tenté lundi un changement de stratégie. Visiblement plus calme qu’au conseil municipal, il a promis qu’il n’avait "pas touché une goutte d’alcool depuis trois semaines".

L'interview de Rob Ford sur CBC (en anglais) :

L’élu a fait allusion pour la première fois à sa foi retrouvée, sans sembler lui-même très convaincu. Avant de donner rendez-vous aux électeurs dans cinq mois, quand il aura maigri et réglé ses "problèmes de santé".

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