La Hongrie érige un mur contre les migrants

  • A
  • A
Partagez sur :

Budapest a décidé de fermer sa frontière avec la Serbie pour éviter l'afflux de migrants qui passe par ce pays des Balkans. Une clôture de 4 mètres de haut va être construite.

Et un nouveau mur aux frontières de l'Europe. Le gouvernement hongrois va construire une clôture de 4 mètres de haut à sa frontière avec la Serbie, a annoncé mercredi le ministre hongrois des affaires étrangère, Peter Szijjarto. Budapest a décidé de fermer "physiquement" ses portes en raison de l'afflux de migrants. "De tous les pays de l'Union européenne, la Hongrie est celui qui subit la plus forte pression migratoire. Une réponse commune de l'UE à ce défi prend trop de temps et la Hongrie ne peut plus attendre. Elle doit agir", avait déclaré dès vendredi le Premier ministre Viktor Orban.

Les habitants divisés. Dans des villages frontaliers, la nouvelle est parfois chaudement accueillie. "Je veux zéro migrant", confie à Europe 1 un habitant. "Bien sûr que leur situation est difficile, mais la nôtre l'est aussi. Nous ne pouvons rien pour eux", se défend-il.

Mais pour des générations plus anciennes, avoir une clôture à sa frontière rappelle les douloureux souvenirs de la guerre froide. "Ca m'évoque le rideau de fer et toutes les périodes de l'histoire où l'on a empêché la liberté", déplore un homme âgé. Pour lui, "ces migrants qui veulent passer ne font rien de mal".

27 fois plus de réfugiés. Le nombre de réfugiés entrant en Hongrie a bondi de 2.000 au total en 2012 à 54.000 depuis janvier de cette année, faisant de ce pays d'Europe centrale celui qui accueille le plus grand nombre de réfugiés par rapport à sa population après la Suède. Selon le gouvernement, 95% entrent par la frontière avec la Serbie - qui n'est pas membre de l'UE. Quelque 75% des réfugiés arrivant en Hongrie arrivent de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, dont ils fuient les combats. En janvier et en février de cette année, la Hongrie a également vu l'arrivée de milliers de Kosovars, poussés à l'exode par la situation économique.

Tout à fait légal, assure le gouvernement. "Les travaux préparatoires pour la clôture doivent être achevés d'ici mercredi prochain (24 juin)", a souligné le ministre. "Naturellement, nous informerons nos collègues serbes en détail" lors d'une rencontre prévue le 1er juillet, a ajouté le chef de la diplomatie. Au total, les barbelés courront le long des 175 km de tracé frontalier entre les deux pays.

"Cette décision ne contrevient à aucun traité international, d'autres pays ont opté pour la même solution", a souligné mercredi Peter Szijjarto, citant la Bulgarie, la Grèce, et l'Espagne pour ses enclaves en Afrique du Nord.