"Je n'ai jamais vécu une persécution pareille" : en Catalogne, les policiers nationaux harcelés

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"Je n'ai jamais vécu une persécution pareille" : en Catalogne, les policiers nationaux harcelés
Des policiers nationaux en faction dans les rues de Barcelone, le 3 octobre. @ AFP
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Mise en cause pour la gestion répressive du référendum d'indépendance, les policiers nationaux dénoncent depuis des "persécutions" de la part des Catalans. 

Des manifestations visant des policiers et gardes civils en Catalogne se sont multipliées dans la nuit de lundi à mardi devant les hôtels qui les hébergent et même des commissariats, selon des syndicats de police et des témoins. L'hostilité à leur endroit monte depuis leur intervention, parfois violente, pour empêcher la tenue d'un référendum d'autodétermination interdit par la justice dimanche.

La police régionale obligée d'intervenir. A partir de 23 heures lundi (21 heures locales), des centaines de manifestants se sont massés devant un hôtel de Pineda de Mar, à 70 km au nord de Barcelone, où étaient hébergés quelque 200 policiers. Selon un employé de l'hôtel qui a parlé, les manifestants étaient encore très nombreux et menaçants à une heure du matin, au point que la police régionale, les Mossos d'Esquadra, a dû couper les deux rues aux alentours pour protéger les policiers. Dans un courrier, la direction de l'hôtel a demandé aux policiers de quitter les lieux avant 16 heures mardi.

"Dehors les forces d'occupation." D'autres manifestations se sont produites devant des commissariats d'autres villes catalanes, selon le syndicat de police SUP, majoritaire. "Dehors les forces d'occupation", entend-on souvent dans ces manifestations, où les journalistes de médias nationaux sont aussi hués et menacés. "Je n'ai jamais vécu une situation pareille, l'intégrité physique de policiers est menacée. Ils fuient d'hôtel en hôtel, ils sont poursuivis, ils sont comme des rats qui doivent se cacher", a déclaré à l'AFP un porte-parole du SUP, Ramon Cosio.

"La situation est très grave", a-t-il ajouté en dénonçant l'absence d'intervention du ministère de l'Intérieur et des autorités régionales. "Je n'ai jamais vécu une persécution pareille", a-t-il déclaré, estimant que l'Etat était en train "de perdre le contrôle de la sécurité". José Cobo, porte-parole de l'association espagnole de Gardes civils, a aussi confirmé des harcèlements contre cette force de l'ordre, avec des menaces de la population et de maires indépendantistes.