Sexisme : l'"inexcusable" Donald Trump ne s'excuse pas

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Sexisme : l'"inexcusable" Donald Trump ne s'excuse pas
@ SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Le milliardaire américain Donald Trump, prétendant à la Maison-Blanche, a choqué ses propres partisans en faisant une remarque déplacée à une journaliste. 

"Inexcusable". Le mot revenait dimanche dans la bouche de plusieurs représentants républicains. Dans leur ligne de mire, l'un des leurs : le milliardaire américain Donald Trump, prétendant à la Maison-Blanche, qui a fait l'unanimité contre lui après une remarque douteuse à l'égard d'une journaliste qui l'interviewait.

Une sortie sexiste qui crée le tollé. Se plaignant du traitement "injuste" que lui aurait réservé Megyn Kelly, l'une des animatrices du premier débat des primaires républicaines organisé jeudi, Donald Trump a affirmé sur CNN qu'il n'avait "pas beaucoup de respect pour elle". "On pouvait voir du sang sortir de ses yeux, du sang sortir de son... où que ce soit", a poursuivi le milliardaire dans une allusion au fait que la jeune femme avait sans doute ses règles ce jour-là. Ironie de la situation, la journaliste l'avait justement interrogé sur les insultes sexistes proférées par le passé par le magnat de l'immobilier.

Lâché par son propre camp. Suite à cette déclaration sexiste, des sympathisants républicains qui l'avaient invité à parler samedi lors d'un meeting à Atlanta ont retiré l'invitation.  "Bien que j'apprécie personnellement Donald Trump, sa remarque à propos de Megyn Kelly sur CNN va trop loin", a écrit Erick Erickson, rédacteur en chef d'un site proche des républicains, RedState, qui organise le rassemblement.

La seule candidate aux primaires républicaines, Carly Fiorina, a réagi sur Twitter en assénant: "Monsieur Trump: c'est inexcusable" avant d'ajouter "Je soutiens @megynkelly".  Un autre aspirant républicain à la présidentielle, le gouverneur du Wisconsin Scott Walker, lui a emboîté le pas en assurant sur le réseau social: "Je suis d'accord avec @CarlyFiorina, les commentaires de Trump n'ont aucune excuse. Soutenons @MegynKelly."

Invité au rassemblement de RedState, un groupe conservateur influent, un troisième candidat, Mike Huckabee a déclaré selon Politico que "le parti républicain n'est pas engagé dans une guerre contre les femmes. Le parti républicain ne dit pas des choses sur Megyn Kelly. (...) C'est un individu qui le fait".



Trump dénonce le politiquement correct. "Il y a tellement d'imbéciles du 'politiquement correct'" dans notre pays. Nous devrions tous nous mettre au travail et arrêter de perdre du temps et de l'énergie sur des choses absurdes", a  dans un premier temps réagi Donald Trump sur Twitter, où il compte 3,5 millions d'abonnés.

Ne faisant aucune excuse, Donald Trump a répété dimanche sur la chaîne de télévision CNN que la journaliste vedette Megyn Kelly de Fox News l'avait injustement malmené en lui posant des questions sur des remarques sexistes qu'il a faites par le passé. Il a affirmé n'avoir jamais fait allusion à ses règles. "Elle s'est mise très en colère et ce que j'ai dit se référait à sa colère", a-t-il affirmé ajoutant: "Je n'ai rien dit d'incorrect".

"Seul un esprit perverti dirait que je faisais allusion à cela (sa menstruation, ndlr)...", a insisté Donald Trump, dans son interview téléphonique ajoutant: "je chéris les femmes. Je veux les aider". Il a aussi accusé ses rivaux républicains et autres responsables du parti de le critiquer par leur souci "d'être politiquement correctes pour gagner des points (car) je suis en tête dans les sondages".

En tête des sondages, Donald Trump a jeté un autre froid chez les républicains lors du débat en n'excluant pas de se présenter en candidat indépendant si le parti ne le désignait pas comme leur candidat, provoquant les huées d'une partie du public.