Crash Egyptair : "Trois mois après, on ne sait toujours rien, on nous cache quelque chose"

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Danielle Gilles a perdu son fils en mai dans le crash du vol MS 804 d'Egyptair. A ce jour, elle s'indigne de n'avoir reçu ni explication ni indemnisation.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Dans la nuit du 18 au 19 mai dernier, un Airbus de la compagnie Egyptair disparaissait en Méditerranée avec 66 personnes à bord, dont 15 Français. Trois mois après le drame, Danielle Gilles, la mère d'une des victimes n'a toujours pas les réponses qu'elle attend. Très déçue, elle a formé une association avec d'autres proches de passagers pour essayer de comprendre pourquoi, selon elle, "on cache la vérité". Elle témoigne au micro d'Europe 1.

Les corps non restitués. Elle récapitule : "Nous n'avons toujours pas reçu les corps" alors que "les tests ADN ont été faits pour l'identification depuis longtemps. Les boîtes noires retrouvées ont, comme par hasard, perdu leur voix. Elles ont été coupées avant la fin. Qu'est ce qu'on cherche à nous cacher ?", s'interroge-t-elle, indignée. "Il y a plusieurs hypothèses. Nous, on pense aux responsabilités d'Egyptair ou de Roissy. Il semblerait que l'avion ait présenté des défaillances techniques importantes mais aucun contrôle n'a été fait sur cet avion avant qu'il décolle de Roissy." Danielle Gilles évoque aussi la piste "d'une bavure militaire".

Pourtant, peu après le crash, des données avaient été rendues publiques, comme le fait que des alarmes avaient retenti et que de la fumée avait été détectée dans l'avion. Les pilotes avaient également parlé d'un feu. Mais depuis, regrette Danielle Gilles, les résultats se font attendre et c'est la presse qui apporte des informations en premier. "Les enquêteurs les reprennent. Je trouve tout à fait bizarre que ce soit le New York Times qui ait parlé de la désintégration de l'avion avant tout le monde", glisse-t-elle.

Un appel à François Hollande. Les officiels égyptiens avaient d'abord évoqué un attentat avant de privilégier la thèse d'un accident. Une incertitude qui pèse. "Trois mois après, on ne sait toujours rien. On sent que l'on nous cache quelque chose", martèle-t-elle, insistant sur sa colère et laissant poindre son émotion. "On aimerait que François Hollande contacte son homologue égyptien pour obtenir des informations sur l'enquête en cours et que les autorités françaises et égyptiennes nous révèlent les vraies circonstances du crash du vol MS 804." 

Pas encore d'indemnisation. Cette mère de victime révèle également ne pas avoir reçue l'indemnisation promise de 25.000 dollars par famille (22.200 euros). "On nous endort. On attend. Il n'y a rien, pas de résultat, ni sur ce que les boîtes noires ont dit, ni sur les corps de nos proches, ni sur l'indemnisation."