Concombres et valises roses, les dessous de l’arrestation d’El Chapo

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Concombres et valises roses, les dessous de l’arrestation d’El Chapo
@ Reuters
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COULISSES – Comment le chef du cartel de narcotrafiquants mexicain a été arrêté ? Tout est une histoire de tunnels, de téléphones et de famille.

L’INFO. Le baron de la drogue le plus recherché au monde est désormais sous les verrous. Joaquin "El Chapo" Guzman, l’ennemi public numéro un au Mexique et aux Etats-Unis,  a été arrêté la semaine dernière et mardi, on en sait un peu plus sur l’histoire qui a permis de mettre la main sur ce baron de la drogue.

Sans se débattre. L’arrivée des forces spéciales américaines et mexicaines ont étonné et choqué les retraités de l’immeuble de la ville mexicaine de Mazatlan, loin de se douter de l’identité de leur voisin. Tous s’attendaient à entendre les balles siffler en voyant arriver les policiers, mais l’opération s’est déroulée dans le calme. Joaquin Guzman était endormi, torse nu dans son lit, auprès de sa femme. Ses jumelles de deux ans se trouvaient également dans l’appartement. Sur une photo prise par les enquêteurs, on voit deux petites valises roses dans la chambre de l’homme à la tête d’un réseau de trafic de drogue.

Un réseau de tunnels. "El Chapo" -le "trapu" en référence à sa petite taille- n’a pas pu, ou pas voulu mettre la main sur son fusil. Il n’est pas mort comme un martyr du trafic de drogue, car les forces d’intervention avaient pris soin de vérifier qu’il dormait grâce à des caméras à infrarouge et des caméras thermiques. Et puis le baron de la drogue se savait recherché. "Il était physiquement fatigué du stress de la cavale",  explique un officier au Washington Post.

Il avait déjà échappé à deux arrestations, raconte le journal américain. Un jour de descente, les policiers trouvent une maison vide et découvrent une porte cachée derrière une baignoire. Elle mène à un réseau de tunnels entre sept maisons au moins, à travers les égouts.

Un autre, et encore un autre, et encore… Depuis dix jours, les policiers suivaient les moindres mouvements d'"El Chapo". Il se déplaçait beaucoup, trop vite, laissant parfois derrière lui armes, munitions et gilets par balle. Avant de lancer la coopération avec leurs homologues mexicains, les stups américains sont remontés jusqu’au narcotrafiquant grâce à une enquête tout ce qu’il y a de plus normal, raconte un officier au Washington Post. "Ca a été une enquête de trafic de drogue traditionnelle, où un téléphone mène à un autre, qui mène encore à un autre", a-t-il expliqué simplement.

Mais ce qui a précipité l’enquête, c’est surtout l’arrestation du fils d'"El Chapo" en juin 2012, suivie de l’interpellation de plusieurs lieutenants du cartel de trafiquants de drogue de Sinaola. La semaine dernière, l’un de ses hommes de main est pris en possession de 4.000 bananes et concombres, remplis de cocaïne. Mais ce ne sont pas les fruits et légumes qui intéressent le plus les policiers, mais plutôt les éléments qui peuvent les aider à mieux cartographier les réseaux de Sinaola. Jusqu’à mettre la main sur le grand chef. Actuellement, il est emprisonné sous haute sécurité dans le sous-sol d’une prison mexicaine, en attendant un procès, aux Etats-Unis ou au Mexique.

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