Chine : "Winnie l'Ourson", banni des bibliothèques

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Chine : "Winnie l'Ourson", banni des bibliothèques
Le Parti communiste chinois a annoncé qu'il s'apprêtait à réduire le nombre de livres étrangers représentant une "idéologie subversive".@ AFP
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Pékin entend limiter l'influence culturelle étrangère sur la société chinoise en bannissant plusieurs livres étrangers de ses bibliothèques et de ses kiosques.

Les enfants chinois ne pourront bientôt plus lire les aventures de Winnie l'Ourson ou celles de James et la Pêche géante, de l'auteur américain Roald Dahl. Le Parti communiste chinois a annoncé qu'il s'apprêtait à réduire le nombre de livres étrangers représentant une "idéologie subversive", rapporte mercredi le magazine américain Newsweek

Les auteurs pour enfants les plus lus sont... étrangers. Dans une bataille menée par Pékin pour limiter l'influence culturelle étrangère sur la société chinoise, le service de vente en ligne Taobao (équivalent chinois d'Amazon) a annoncé la semaine dernière que les livres pour enfants non autorisés par le gouvernement seraient interdits. 

En Chine, les trois livres pour enfants les plus lus sont l'œuvre d'auteurs étrangers. La série Les p'tites poules du Français Christian Jolibois, Barefoot Books des Britannique Nick Crane et David Dean et le livre de jeu Peppa Pig (également britannique), caracolent ainsi en tête des ventes sur le site JD.com 

Protectionnisme culturel. "Je ne pense pas que cette restriction soit possible", nuance toutefois un éditeur chinois au Financial Times. "Sa mise en oeuvre est si difficile et elle n'aurait aucun avantage pour le peuple ou le pays", poursuit-il. Sous couvert d'anonymat, un autre éditeur ajoute au Guardian que les livres pour enfants en provenance de Corée du Sud ou du Japon avaient "peu de chances" d'être publiés sur le sol chinois. Quant aux ouvrages étrangers, leur publication serait tout bonnement "limitée".

Les livres chinois, "trop moralisateurs". "Les livres chinois pour enfants sont trop moralisateurs", témoigne une mère de famille chinoise. "Les livres d'images étrangers ont des histoires plus simples, mais significatives", ajoute-t-elle. Depuis 2012 et l'arrivée de Xi Jinping au pouvoir, les kiosques et les bibliothèques ont été très réglementés. The Guardian précise d'ailleurs que les universités se sont transformées en "bastions du Parti communiste".