Charles Michel, un benjamin à la tête de la Belgique

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Charles Michel, un benjamin à la tête de la Belgique
@ Reuters
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Près de cinq mois après les élections, les Belges connaissent enfin le nom de leur prochain Premier ministre. Portrait d’un précoce de la politique.

Il a évité une nouvelle crise politique belge en accouchant d’un nouveau gouvernement en cinq mois. Charles Michel deviendra officiellement le nouveau Premier ministre belge samedi, lors de sa prestation de serment. En plus de succéder à Elio di Rupo, Charles Michel, 38 ans, décrochera également le titre du plus jeune chef de gouvernement belge de l’après-guerre.

Tombé dans la marmite. Débatteur habile, souriant sur les plateaux de télévision mais parfois adepte d'une langue de bois pure et dure, cet "animal politique à sang froid" renforce son parti lors des élections du 25 mai. Habitué à être en avance sur son âge, le jeune Charles Michel ne ravit malgré tout pas le titre du plus jeune chef de gouvernement européen à son homologue estonien, Taavi Roivas. Mais en annonçant prendre la tête du gouvernement, il a une nouvelle fois brûlé les étapes, décrypte la RTBF, qui rappelle qu’il incombe traditionnellement au roi de donner le nom du Premier ministre.

A 18 ans à peine, le jeune Charles Michel décroche son premier mandat, comme conseiller de la province du Brabant wallon. Suivant les traces de son père Louis Michel, figure des libéraux belges, ce "fils de", comme l’écrit Le Soir, avait fait son entrée en politique deux auparavant, à l’âge de 16 ans à peine, s'engageant dans le mouvement de jeunesse du parti libéral.

Moins de dix ans plus tard, en 2000, Charles Michel devient pour la première fois ministre des Affaires intérieures et de la Fonction publique, en 2000. Avant d’être le plus jeune Premier ministre, le Wallon a déjà été le plus jeune ministre du royaume : il n'a alors que 25 ans. En 2007, il prend le portefeuille de la Coopération puis se jette à la conquête du Parti réformateur (libéral) en 2011 contre Didier Reynders, alors homme fort du parti.

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La coalition "suédoise". Avec ce gouvernement, Charles Michel prend des risques, décrypte le quotidien belge Le Soir. Le risque d’être le seul parti francophone d’une coalition, la suédoise – le bleu, couleur des libéraux ; le jaune, celle des nationalistes ; la croix des chrétiens-démocrates. Il joue aussi gros, en pactisant avec les nationalistes flamands de la N-Va, avec qui le chef des libéraux avait pourtant juré de ne pas s’allier.

Charles Michel est "un audacieux" avide de pouvoir pour ses détracteurs, un pragmatique courageux qui "assume ses responsabilités" pour ses soutiens. Dans un pays qui subit l’instabilité politique depuis dix ans, le nouveau chef du gouvernement devra convaincre, à l’extérieur et dans son parti, admet un de ses proches au Soir. "S’il trébuche, [certains] seront là pour donner la pichenette…"