Catalogne : sans dialogue, Puigdemont laisse entendre qu'il déclarera l'indépendance

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Catalogne : sans dialogue, Puigdemont laisse entendre qu'il déclarera l'indépendance
Carles Puigdemont désire toujours négocier avec le gouvernement central@ LLUIS GENE / AFP
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Dans un documentaire diffusé à la télévision dimanche soir, Carles Puigdemont a assuré qu'il était prêt à déclarer l'indépendance de la Catalogne de manière unilatérale mardi, si le gouvernement central continue de refuser la négociation.

Le président séparatiste de la Catalogne a laissé entendre dimanche qu'il était prêt à déclarer l'indépendance si le gouvernement central espagnol ne répondait pas aux propositions de médiations pour apaiser la grave crise avec cette région.

La menace d'une déclaration unilatérale. Mardi, Carles Puigdemont doit s'exprimer devant son Parlement "concernant la situation politique" actuelle. La séance programmée à 18 heures n'a pas d'autre ordre du jour et l'opposition craint que le Parlement y adopte une déclaration unilatérale d'indépendance. La loi d'organisation du référendum prévoit qu'en cas de victoire et une fois les résultats connus, l'indépendance sera proclamée dans les 48 heures.

"Nous avons ouvert la porte à la médiation, nous avons dit 'oui' à toutes les possibilités de médiation qui nous ont été présentées. Les jours passent et si l'État espagnol ne répond pas de manière positive, nous ferons ce que nous sommes venus faire", a déclaré Carles Puigdemont dans un entretien avec la télévision publique catalane.

Un documentaire sur la crise politique. Sa phrase est le point final d'un documentaire sur le référendum d'autodétermination interdit par la justice espagnole et non reconnu par Madrid. Il s'est tenu le 1er octobre en Catalogne, a été émaillé de violences policières et les indépendantistes estiment l'avoir remporté avec 90,18% des suffrages et 43% de participation.

Le documentaire décrit les jours qui ont suivi en Catalogne, alors que ce référendum a été le point d'orgue de la pire crise politique vécue par l'Espagne depuis son retour à la démocratie en 1977, après la mort du dictateur Francisco Franco.

Quelques signes d'apaisement. Vendredi un apaisement semblait avoir été amorcé alors que le responsable des entreprises au sein du gouvernement catalan, Santi Vila, réputé proche du président régional, réclamait "un cessez-le-feu" symbolique au gouvernement, et demandait aux indépendantistes de ne pas "prendre de décisions qui pourraient être irréparables" pour leur cause. Le lendemain, le quotidien catalan la Vanguardia écrivait que certains indépendantistes envisageraient une déclaration à l'effet reporté de plusieurs mois. Mais sur Twitter, l'une des plus puissantes associations indépendantistes de Catalogne a invité dimanche soir à aller de l'avant.