Catalogne : "le chaos", "l'impensable", la presse française s'attend au pire

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Catalogne : "le chaos", "l'impensable", la presse française s'attend au pire
"L'Europe serait coupable de non-assistance à pays membre en danger si elle persistait à détourner les yeux", prévient Michel Klekowicki du Républicain Lorrain.@ PAU BARRENA / AFP
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"L'impensable s'est produit", s'émeut Arnaud de La Grange du "Figaro" qui pense que "les séparatistes catalans jouent la politique du pire".

REVUE DE PRESSE

La destitution de l'exécutif catalan par le gouvernement espagnol vendredi en réponse à la déclaration d'indépendance de la Catalogne, inquiète la presse samedi qui y voit "l'impensable", "le chaos" et "le grand saut" comme titre Libération en Une.

"On ne voit pas comment le pire peut être évité." "Les plus radicaux des indépendantistes catalans l'ont donc emporté, précipitant l'Espagne dans le chaos", juge ainsi Alexandra Schwartzbrod. "La passion a pris le dessus et l'on ne voit pas comment le pire peut être évité", analyse l'éditorialiste de Libération.

"L'impensable s'est produit", s'émeut Arnaud de La Grange du Figaro qui pense que "les séparatistes catalans jouent la politique du pire". Dans La Montagne Centre/France, Bernard Stéphan trouve qu'il "y a désormais une double fracture au terme de cette journée : fracture de la Catalogne, fracture de l'Espagne".

"Après le Brexit, l'UE tout entière est de nouveau remise en cause." "Voilà cette fois l'Espagne bel et bien au bord du gouffre", regrette aussi Pascal Coquis (Les Dernières Nouvelles d'Alsace). De son côté, Pierre Chausse (Le Parisien Aujourd'hui en France) estime que "seize mois après le Brexit, c'est l'Union européenne tout entière qui est de nouveau remise en cause par la crise catalane". Il déplore que l'UE n'ait "pas pris au sérieux ces velléités séparatistes qui s'expriment pourtant depuis des années".

La Catalogne a donc ouvert le boîte de Pandore

"Infichus de se parler, fiers comme des toreros sans banderilles, Catalans et Madrilènes ont emprunté hier un chemin qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une impasse", assure Gilles Grandpierre de L'Union. "De déclarations enflammées en menaces brutales, de défis en ultimatum, de psychodrames en rebondissements, l'Espagne et la Catalogne ont atteint le point culminant au-delà duquel, malgré de petits apaisements toujours possibles, la rupture est consommée", souligne Jean-Claude Souléry dans La Dépêche du Midi.

"L'Europe serait coupable de non-assistance à pays membre en danger si elle persistait à détourner les yeux." "Après le Brexit britannique, l'Europe serait-elle menacée par une balkanisation de ses peuples étourdis, à l'heure où l'Asie fiévreuse célèbre la mondialisation heureuse", se demande Alain Dussart de L'Est Républicain. "L'Europe serait coupable de non-assistance à pays membre en danger si elle persistait à détourner les yeux", prévient Michel Klekowicki du Républicain Lorrain.

Dans Le Midi Libre, Jean-Michel Servant note que "la Catalogne a donc ouvert la boîte de Pandore", et s'attend à ce que "les Corses, les Basques ou les Lombards vont bien vite s'engouffrer dans la brèche pour franchir, eux aussi, ce tumultueux Rubicon".