BHL : "la capitale de l'Europe aujourd’hui est à Kiev"

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BHL : "la capitale de l'Europe aujourd’hui est à Kiev"
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INTERVIEW - 70.000 se sont rassemblés dimanche dans la capitale ukrainienne pour réclamer un rapprochement avec l'Europe. Le philosophe en est.

L'info. Après déjà plus de deux mois de crise, l'opposition ukrainienne a organisé une nouvelle grande manifestation dimanche à Kiev sur la place de l'Indépendance, occupée par les contestataires et entourée de barricades. Un rassemblement forcément placé sous le signe des Jeux olympiques, puisque le président ukrainien, dont la légitimité est contestée par la rue, était vendredi à Sotchi et qu'il y a rencontré son homologue russe Vladimir Poutine. Sans qu'on connaisse la teneur de leur entretien.

Ce qui a fait dire à Bernard-Henri Lévy, en Ukraine depuis jeudi, que "pour nous, en France, les Jeux olympiques, c'est les victoires et les médailles. Pour les gens de Kiev, les Jeux olympiques  c'est peut-être un trêve mais ils comptent les jours car ils savent que c'est peut-être après les JO que Vladimir Poutine, ou sa marionnette à Kiev, pourrait décider d'agir et de frapper". Dimanche en milieu de journée, ils étaient quelque soixante-dix mille manifestants d'opposition réunis sur la place de l'Indépendance de la capitale ukrainienne.

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"La capitale de l'Europe aujourd’hui est à Kiev". "Le message que je veux faire passer, c'est que la capitale de l'Europe aujourd’hui est à Kiev. Que les valeurs de l'Europe, c'est à Kiev qu'elles s'incarnent", a estimé BHL, invité dimanche matin d'Europe 1. "Ce qui m'a frappé depuis quelques jours que je suis ici, c'est à quel point le véritable esprit européen, c'est ici qu'il souffle. C'est totalement bouleversant à une époque où l'Europe doute d'elle-même, où elle ne sait plus où sont ses valeurs", a-t-il ajouté.

La crainte que ce ne soit qu'une "trêve". "C'est une guerre civile qui pourrait peut-être se jouer ici. Ce qui est très impressionnant quand on est sur le Maïdan, c'est la grande anxiété chez les gens qui l'occupent. Ils sont déterminés, ils ont un sang froid extraordinaire et ils savent que le pire est à tout moment possible. Ils ont face à eux les policiers de Ianoukovitch, il y a une très, très grande tension", a témoigné Bernard-Henri Lévy.

Avant d'ajouter : "pour nous, en France, les Jeux olympiques, c'est les victoires et les médailles. Pour les gens de Kiev, les Jeux olympiques  c'est peut-être un trêve mais ils comptent les jours car ils savent que c'est peut-être après les JO que Vladimir Poutine, ou sa marionnette à Kiev, pourrait décider d'agir et de frapper."

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70.000 Ukrainiens dans la rue. L'opposition ukrainienne a affirmé dimanche sa détermination face au pouvoir du président Viktor Ianoukovitch, au cours d'un rassemblement de quelque soixante-dix mille manifestants sur la place de l'Indépendance, le Maïdan, à Kiev.
"Nous n'avons pas l'intention de nous rendre. Nous irons plus loin", a affirmé le militant torturé Dmytro Boulatov, actuellement soigné en Lituanie, qu'une animatrice du rassemblement, la chanteuse Rouslana, a appelé au téléphone,  mettant ensuite l'appareil contre le micro. La foule a répondu par des applaudissements.

Des mesures contre des "menaces d'actes terroristes". En réponse, les services spéciaux ukrainiens ont annoncé dimanche qu'ils "activaient" leur Centre anti-terrorisme en raison de menaces d'actes terroristes sur le territoire national, sans faire explicitement référence à l'occupation du centre de Kiev par les milliers de contestataires. Son communiqué cite notamment "la menace d'explosions" sur des sites importants, tels centrales nucléaires ou gares, aéroports et oléoducs, mais aussi "le blocus de locaux du pouvoir exécutif"  et "des appels à occuper des sites abritant d'importantes quantités d'armes".

L'Ukraine hésite entre l'Est et l'Ouest. Le pays est plongé dans une profonde crise depuis plus de deux mois et le revirement du président Ianoukovitch. Alors que son pays devait signer un accord avec l'Union européenne, synonyme d'aide financière en échange de l'instauration de règles de transparence, le président a au dernier moment refusé tout accord pour saisir la main tendue par la Russie. Cette dernière propose également une aide financière, mais sans contre-parties officielles, si ce n'est le maintien des forts liens économiques et politiques qui l'unissent à l'Ukraine, et notamment à ses oligarques. 

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