Bernard-Henri Lévy : "Je voulais faire un film engagé et contre Daech"

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Pendant six mois, l'intellectuel était aux côtés des Kurdes irakiens qui combattent Daech. Il en sort un film choc, Peshmerga, en salles le 8 juin.

INTERVIEW

Le film Peshmerga avait eu les honneurs du festival de Cannes il y a deux semaines, et sort officiellement en France mercredi 8 juin. Un peshmerga, pour les Kurdes, est "un combattant qui fait face à la mort", décrit Bernard-Henri Lévy, qui a réalisé le film. Un document qu'il a tourné pendant six mois, sur 1.000 km, avec trois opérateurs. Le philosophe a remonté, du sud au nord, la ligne de front entre les Kurdes irakiens et les troupes de Daech. Il était au côté de l’armée kurde à quelques dizaines de mètres des combattants de l’armée islamique. Pour raconter cette singulière expérience, BHL était l’invité d’Anne Sinclair samedi.

"Pas d'ivresse de la mort". Le premier objectif de Bernard-Henri Lévy dans cette entreprise était de "faire un film engagé, et contre Daech. Quand on est contre Daech, on fait un film sur ceux qui les affrontent au corps à corps, ceux qui leur font la guerre au jour le jour." Ce qui ressort du témoignage du philosophe est son admiration pour les Peshmergas, "qui protègent leurs troupes et la vie des civils. Ils n’aiment pas la mort. Il n’y a pas cette ivresse de la mort comme celle que l'on retrouve en face."

"Ils m'ont fait confiance". Le projet de film est né à Paris en avril 2015, alors que des Kurdes sont reçus par le président de la République. "Ils savaient que j’avais fait Bosna ! et Le serment de Tobrouk, ils m'ont fait confiance et m'ont demandé de faire ce film". BHL accepte à une condition, celle de pouvoir "aller partout". S'il évolue avec les Kurdes irakiens, le philosophe tourne aussi des images à la fin du film avec des Kurdes syriennes, combattantes. "Je ne vois pas dans cette région du monde, à part Israël, une armée fondée sur l’égalité entre les sexes, sur le principe de laïcité absolue, et c’est l’une des particularités de ce peuple kurde."

"Il se battent à notre place". Engagés, bons, mesurés...presque parfaits. L'éloge est total, au point de se demander si le philosophe n'est pas aveuglé par ses "amis kurdes". Il s'en défend. "Ce ne sont pas des anges, ce sont des alliés, des gens qui se battent vaillamment à notre place, pour nous, avec nous et par ailleurs ce sont plutôt des démocrates. C’est certainement un peuple qui mérite notre soutien."