Berlin : un "Musée des martyrs" accorde une place à l'un des terroristes du Bataclan

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Une exposition berlinoise consacrée à des personne mortes pour leurs idées a provoqué un véritable tollé en présentant une photo de l'un des membres du commando terroriste qui s'est introduit dans le Bataclan.

Placardés sur un même mur : le visage de Socrate, celui de Martin Luther King, d’une sainte catholique… et celui d’Ismaël Omar M., l’un des auteurs de la tuerie du Bataclan le 13 novembre 2015. La scène se déroule à Berlin et a été repérée par le quotidien allemand Bild. Le 29 novembre une exposition intitulé "Le musée des martyrs" s’est installée sur Mariannnenplatz, à quelques encablures de l’ancien tracé du mur. Elle met en avant des figures historiques mortes pour leurs convictions et n’a pas manqué de susciter un véritable tollé sur les réseaux sociaux. Car outre ce membre du commando terroriste qui a frappé la salle de concerts parisienne, on y trouve également l’un des responsables du 11 septembre 2001 ou encore l’un des auteurs des attentats-suicides de Bruxelles, le 22 mars 2016.

Une vague de protestations. Les deux artistes danois à l’origine de l’œuvre, Ida Grarup Nielsen et Henrik Grimbäck, ont déjà essuyé de très nombreuses critiques lorsqu’ils ont présenté leur "Musée des martyrs" dans leur pays. "Les artistes ont voulu élargir le concept de martyr", a tenté de justifier auprès de Bild Ricarda Ciontos, qui dirige cette installation artistique.

Des explications qui n’ont pas vraiment convaincu l'ambassade de France en Allemagne, qui n’a pas manqué de faire part de son indignation. "Un tel parti pris est profondément choquant. Tout en appelant notre attachement à la liberté de la création artistique, nous dénonçons la confusion ainsi faite entre martyr et terrorisme", explique la représentation diplomatique au Parisien. De son côté l’association de victimes des attentats du 13 novembre, Life for Paris, dénonce "une provocation haineuse et intolérable à visée purement médiatique", et a demandé "le retrait immédiat de la photo incriminée", précise-t-elle, toujours dans les colonnes du quotidien francilien.

Une indignation relayée sur les réseaux sociaux par plusieurs responsables politiques et associatifs français :









"Son combat contre la culture occidentale". Armé d’une kalachinikov et d’une ceinture d’explosifs, Ismaël Omar M. s’est introduit dans la nuit du 13 au 14 novembre dans le Bataclan aux côtés de deux autres djihadistes islamistes, causant la mort de 90 personnes venues assister au concert de rock des Eagles of Death Metal. Selon l’audioguide du "Musée des martyrs", Ismaël Omar M. "pensait devoir se sacrifier pour son combat contre la culture occidentale", rapporte encore Bild