Opération de Verviers : la Belgique remercie le GIGN

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Opération de Verviers : la Belgique remercie le GIGN
@ AFP
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Treize personnes ont été interpellées à l'issue de l'opération antiterroriste menée en Belgique, jeudi soir. Deux autres ont été tuées. Les suspects voulaient "tuer des policiers".  

L'opération menée jeudi par la police belge contre un groupe de terroristes présumés a débouché sur 13 arrestations, a annoncé le parquet fédéral de Bruxelles, vendredi matin. Deux djihadistes présumés ont aussi été tués lors de celle-ci, à Verviers, près de Liège, dans l'est de la Belgique. Cette vaste opération ciblait un groupe d'une dizaines de personnes revenant de Syrie.

Ils voulaient "tuer des policiers". "Le groupe était sur le point de commettre des attentats terroristes, notamment en tuant des policiers sur la voie publique et dans les commissariats", a expliqué un substitut du procureur, Thierry Werts. Pour autant, "il n'y a pas de lien établi avec les attentats commis en France", a affirmé vendredi matin le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, même si "les attentats ont fait accélérer des initiatives chez nous". 

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L'opération a permis d'arrêter 13 personnes et 12 perquisitions ont été menées. A Verviers où une dizaine ont été effectuées, plusieurs armes ont été retrouvées, dont "quatre de type Kalachnikov AK 47 ainsi que des armes de poing, des munitions, des uniformes de police, des téléphones portables, du matériel de communication, des documents falsifiés et de grosses sommes d'argent", a détaillé le parquet. Des armes et des munitions ont aussi été saisies à Molenbeek, un quartier populaire de la capitale belge. 

"Les suspects ont ouvert le feu à l'arme automatique". A Verviers, les "suspects ont ouvert le feu avec des armes automatiques sur la police fédérale et ont été neutralisés. Deux suspects sont morts", a indiqué un des substituts. "Un troisième a été intercepté sur place", a-t-il annoncé. Aucun policier ou civil n'a été blessé, a précisé le parquet. 

Le niveau d'alerte a été relevé au niveau 3, sur une échelle qui en compte 4, pour les commissariats de police et les palais de justice en Belgique.



Selon la RTBF, la télévision publique belge, une fusillade a éclaté vers 17h45, rue de la Colline, dans le quartier de la gare de Verviers. Les forces de la police fédérale belges seraient intervenues dans un logement pendant que des tireurs se trouvaient à l'extérieur et surveillaient les toits des maisons. Des coups de feu ainsi qu'au moins trois explosions ont été entendus, rapporte le média alors que la RTL-TVI diffuse une vidéo de la fin de l'assaut, où l'on peut entendre des détonations et voir une habitation en proie aux flammes.

>> VIDÉO de la fin de l'assaut, selon la RTL-TVI :

"Il y a eu des échanges de coup de feu". "Au commencement, j’ai entendu un grand boom : ça a explosé et j’ai vu des flammes", confie Yannick, un témoin joint par Europe 1. "J’ai vu des pompiers et des forces spéciales qui sont arrivées. Il y avait au moins une vingtaine d’officiers qui se trouvaient devant la maison en question. Et puis après il y a eu des échanges de coup de feu", raconte-t-il. "Je les ai vu entrer avec des civières et je n’ai pas vu de corps sortir pour l’instant", a assuré cet habitant du quartier où se déroulent les opérations.

Le quartier de la gare a été bouclé et des ambulances étaient sur place, alors que la situation semblait être sous contrôle autour de 19 heures. 



La chaîne de télévision belge explique que l'opération visait à mener des vérifications concernant plusieurs extrémistes supposés de retour de Syrie. Trois jeunes partis combattre en Syrie, et revenus il y a une semaine, avaient été mis sur écoute par la police, qui s'est décidée à agir très rapidement, les écoutes indiquant qu'ils étaient prêts à commettre des actes terroristes, selon RTL-TVI.

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Verviers, foyer djihadiste. La commune est considérée, avec certaines banlieues de Bruxelles, comme un des foyers de radicalisation islamiste en Belgique Selon les sources, entre six et 10 jeunes de la ville seraient partis se battre en Syrie ces derniers mois. Par ailleurs, des menaces avaient été proférées par des djihadistes belges ces dernières heures sur Internet. La Belgique compterait environ 300 de ses ressortissants combattant en Syrie. 

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Encourager la coopération européenne. Vendredi matin, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a annoncé la fin des opérations : "On exploite maintenant les données. On verra du côté de la police et des autorités judiciaires s'il y a d'autres initiatives à prendre". Le ministre a souligné qu'un "très grand nombre de perquisitions" avaient été menés dans l'ensemble du pays. Il a également évoqué un "échange d'informations qui a été très utile" avec les autorités françaises et plaidé pour un sursaut de mobilisation antiterroriste au niveau européen : "il va falloir faire comprendre à beaucoup de partenaires encore que cet échange d'informations doit s'améliorer". La Belgique va d'ailleurs demander l'extradition de deux ressortissants belges interpellés en France dans le cadre de cette enquête.

L'appui du GIGN français ? Le Premier ministre belge, Charles Michel, a remercié vendredi le GIGN français qui, d'après lui, a apporté une aide technique aux policiers belges. "Nous souhaitons remercier les autorités françaises qui nous ont apporté un appui technique dans le cadre des opérations menées" à Verviers, a-t-il déclaré. Charles Michel a précisé que le GIGN était venu avec "du matériel technique dont les forces de l'ordre belge ne disposaient pas et avec des opérateurs pour le manipuler". Le Premier ministre belge a par ailleurs assuré que le ministre belge de l'Intérieur "adressera officiellement ses remerciements" à son homologue français Bernard Cazeneuve. De son côté, le GIGN ne confirme pas son implication dans les opérations belges de jeudi.

Enquête sur les liens de Coulibaly en Belgique. Par ailleurs, la justice belge cherche à déterminer s'il existe des liens entre Amedy Coulibaly, l'un des trois auteurs des attaques de Paris, et Neetin Karasular, un homme domicilié à Charleroi, et inculpé mercredi pour "trafic d'armes". Selon le parquet fédéral en charge des questions de terrorisme, il est établi que cet homme, déjà connu de la justice pour divers trafics, avait racheté la voiture de Hayat Boumeddiene, la compagne de Coulibaly.

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