Attaque "chimique" en Syrie : "On a donné un droit de tuer" à Bachar al-Assad

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Agnès Levallois, consultante spécialiste du Moyen-Orient, a analysé l’attaque chimique attribuée au régime de Bachar al-Assad, qui a fait plusieurs dizaines de morts dans une ville rebelle en Syrie.

INTERVIEW

La communauté internationale a vivement critiqué le régime de Bachar al-Assad, accusé d’avoir mené mardi une attaque "chimique" meurtrière dans une ville rebelle en Syrie. "Il passe son temps à faire des bras d’honneur parce qu’en face, il n’y a absolument personne qui est en mesure de l’arrêter dans sa stratégie jusqu’au-boutiste. Depuis août 2013, date à laquelle les Américains ne sont pas intervenus, on lui a donné un droit de tuer", a estimé Agnès Levallois, consultante spécialiste du Moyen-Orient interrogée sur Europe 1.

EDIT : Le bilan de l'attaque "chimique" contre une ville syrienne s'est élevé à 72 morts, dont 20 enfants, selon un nouveau bilan mercredi de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Le régime passe son temps à gagner du temps". "Ce droit (de tuer), il l’utilise tant qu’il peut quand des négociations sont en cours. Le régime sait très bien qu’un début de négociation va aboutir à la fin de ce système. À partir de là, il est prêt à tout pour éviter d’entrer en négociations, à moins qu’il y soit contraint", a-t-elle poursuivi. "Or, les seuls qui peuvent le contraindre sont les Russes et les Iraniens. Le régime passe son temps à gagner du temps. Pour le moment, les faits lui donnent raison."

"Son objectif est d’éliminer toute opposition". Selon la spécialiste, Bachar al-Assad n'a qu'un but : "éliminer toute poche de résistance". "Son objectif est de reprendre l’ensemble du territoire et qu’il n’y ait plus de forces d’oppositions", conclut Agnès Levallois. L'attaque de mardi, menée dans une petite ville située dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, a provoqué la mort de plusieurs dizaines de personnes et fait des centaines de blessés. Le régime de Bachar al-Assad a aussitôt été pointé du doigt par la communauté internationale.