Amnesty International parle de "crimes de guerre" russes en Syrie

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Amnesty International parle de "crimes de guerre" russes en Syrie
Image d'illustration@ AFP PHOTO / HOMS MEDIA CENTER
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Amnesty International utilise pour la première fois le terme de "crimes de guerre" pour désigner les bombardements russes en Syrie. 

Selon Amnesty International, la Russie, en bombardant la Syrie, tue 20 fois plus de civils que de djihadistes. L'organisation de défense des Droits de l'Homme a analysé les conséquences de six raids aériens russes à Homs, Idlèbe et Alep. Et les dommages de ces bombardements sont sans appel : sur ces six attaques, 200 civils ont été tués pour une dizaine de djihadistes "seulement".

"Nous attendons que les autorités russes lancent rapidement des enquêtes". Pour Amnesty International, il s'agit là d'une violation du droit humanitaire. "Nous attendons que les autorités russes lancent rapidement des enquêtes, qu'elles arrêtent de nier ou d'essayer de truquer les éléments pour dissimuler ce qu'il se passe sur le terrain", a affirmé Geneviève Garriguosse, la présidente d'Amnesty International en France, contactée mercredi par Europe 1. "Si la Russie ne prend pas de telles mesures, nous appellerons les instances internationales et les Nations-Unies à diligenter eux-mêmes des enquêtes sur le terrain", a-t-elle ajouté. 

Des accusations "fausses". Le ministère russe de la Défense a rejeté mercredi les accusations "fausses" et "sans preuves" d'Amnesty International. "Nous avons pris connaissance de ce rapport. Une fois de plus, il n'y avait rien de concret ni de nouveau dedans : toujours les mêmes clichés et les mêmes fausses informations que nous avons déjà dénoncés avant, à plusieurs reprises", a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, lors d'une conférence de presse.

Igor Konachenkov a quant à lui dénoncé le recours fréquent par Amnesty International aux "expressions du genre 'des frappes russes présumées' ou 'd'éventuelles violations du droit international' sans la moindre preuve". "Amnesty International affirme que dans les zones qui auraient été visées par les frappes russes, il n'y avait pas de cibles militaires ou de militants armés", a-t-il poursuivi. "Mais ils ne peuvent pas le savoir et n'ont pas les moyens pour le vérifier", a insisté le porte-parole.

Des accusations gratuites. Les frappes aériennes en Syrie sont aussi effectuées par l'aviation de la coalition menée par les Etats-Unis et par les forces aériennes syriennes, a-t-il rappelé, en déplorant une "mauvaise coordination" de ces efforts dans la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique. "Pourquoi Amnesty ne parle que des actions russes ?", s'est-il interrogé, en dénonçant ces "accusations gratuites".