Allemagne : la gauche radicale prend la tête d'une région

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Allemagne : la gauche radicale prend la tête d'une région
@ Reuters
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Un dirigeant de Die Linke va devenir président du Land de Thuringe, dans l'est de l'Allemagne. C'est la première fois que cette formation politique prend les rênes d'une région.

C'est une victoire historique pour la gauche radicale, depuis la fin du régime communiste dans l'est de l'Allemagne. Un responsable de Die Linke, le parti d'extrême-gauche, vient d'être élu président du Land de la Thuringe vendredi. Cette élection suscite le débat dans une Allemagne toujours marquée par la dictature communiste.

Une première pour la gauche radicale. C'est Bodo Ramelow, ancien syndicaliste d'Allemagne de l'Ouest, qui va prendre les rennes de la région, dans cet Etat fédéral. C'est la première fois qu'un responsable de ce parti politique né en 2008 accède à de telles responsabilités. Die Linke a déjà participé à des gouvernements régionaux, comme dans le Brandebourg, et possède des élus dans les assemblées de dix régions allemandes. En Thuringe, le parti était arrivé deuxième derrière les conservateurs mais s'est allié avec les Verts et les sociaux-démocrates pour prendre la tête du gouvernement.

La victoire de Bodo Ramelow a suscité l'inquiétude du président de la République Joachim Gauck, ancien militant des droits de l'Homme en Allemagne de l'Est. Il a lâché la neutralité que lui impose sa fonction quand il a récemment déclaré que "les gens qui ont connu la RDA et appartiennent à ma génération doivent faire un gros effort pour accepter" cette victoire d'une formation politique se réclamant du communisme.

"Réconcilier". Le nouveau chef du gouvernement local a toujours souligné qu'il avait grandi à l'Ouest et n'avait donc rien à voir avec le régime politique de RDA (l'Allemagne de l'Est) qu'il n'hésite pas à dénoncer. Alors que le parti est accusé de ne pas condamner avec assez de fermeté la RDA, l'homme politique a salué vendredi son "ami" Andreas Möller, un opposant de Thuringe qui fut emprisonné par le régime, lui demandant "pardon" au nom des anciens communistes. Il a rappelé la devise d'un ancien président allemand, Johannes Rau : "réconcilier plutôt que diviser". "C'est à cette aune-là que l'on devra me juger", a déclaré Bodo Ramelow.

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