Alastair Campbell : "Le gouvernement britannique est nul"

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Alastair Campbell : "Le gouvernement britannique est nul"
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Proche de Tony Blair, Alastair Campbell veut plaider auprès des députés français pour des négociations lentes autour du Brexit… avec l'espoir d'un changement de cap.

INTERVIEW

Il est venu en France pour s'adresser aux députés, essentiellement à ceux d'En Marche!. Alastair Campbell est un proche de Tony Blair. Il était même son directeur de la communication quand ce dernier exerçait les fonctions de Premier ministre britannique. Fervent opposant au Brexit, il souhaite désormais tout mettre en oeuvre pour ralentir le processus, et compte sur l'aide des alliés européens. 

"J'ai l'impression que le peuple change d'avis". Invité de la matinale d'Europe 1 mardi, Alastair Campbell le dit sans détour : "On a un gouvernement nul, ils ne savent pas ce qu'ils font, ils ne sont pas unis", dénonce-t-il. L'actuelle Première ministre britannique, Theresa May est vivement contestée au sein même de son parti, après son échec aux élections. Elle qui se disait opposée à une rupture avec l'Union européenne avant le référendum porte désormais la responsabilité de la mise en place d'un "Brexit dur". "Ils n'ont pas expliqué ce que le Brexit veut dire. Et j'ai l'impression que le peuple change d'avis", affirme Alastair Campbell. À tel point que si le référendum se déroulait aujourd'hui, il dit être "certain" que le "non" l'emporterait. Selon Alastair Campbell, les députés britanniques eux-mêmes ne sont plus persuadés d'être du bon côté de l'histoire. "Les députés pensent que c'est une folie mais n'osent pas le dire, car 'the people have spoken', le peuple a parlé", explique-t-il.

Boris Johnson, "une blague internationale". Ce proche de Tony Blair concentre nombre de ses griefs sur le ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, qu'il qualifie de "blague internationale". Ce dernier a affirmé devant le Parlement que Londres ne paiera pas la somme que l'UE lui réclame pour le Brexit. Pire, que l'Union européenne pouvait "toujours courir". Le Royaume-Uni doit s'acquitter d'une somme de plusieurs dizaines de milliards d'euros, correspondant aux contributions déjà promises au budget de l'Union et à toutes les institutions ou entités établies par les Traités européens.

"Gardons la porte ouverte". Face à cette situation crispée, Alistair Campbell veut agir. "La raison pour laquelle je suis là, c'est pour parler aux députés, surtout ceux d'En Marche!, pour leur dire de patienter un peu, de nous donner un peu de temps", plaide-t-il. Pour lui, le pays court tout bonnement à la catastrophe. "Il y a un an, on était l'économie avec le plus de croissance. Maintenant, on est la plus lente. Je sens qu'on est maintenant un pays en déclin sérieux. Gardons la porte ouverte jusqu'au moment où il sera clair que le peuple britannique ne veut plus de ce Brexit dur."