Adoré des fidèles, le pape François est plus isolé au Vatican

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Adoré des fidèles, le pape François est plus isolé au Vatican
Le pape François est critiqué au Vatcian pour ses prises de position jugées trop modernes par les conservateurs. Pourtant, des chantiers restent encore en suspens.@ GUILLERMO MUNOZ / AFP
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ENQUÊTE - Cinq ans après être devenu le pape François, Jorge Mario Bergoglio, toujours aussi populaire parmi les fidèles, fait face à une fronde jusqu'à Rome à cause de son ouverture à la modernité... qui n'englobe pas le traitement des religieuses.

L'ENQUÊTE DU 8H

Adoré par les fidèles, très critiqué par ses collègues. Cinq ans après avoir été élu pape, Jorge Mario Bergoglio divise en interne autant qu'il rassemble à l'extérieur. Au cours de ces soixante derniers mois, le pape François a surpris par sa liberté de parole, sa proximité avec les fidèles, son attention envers les plus fragiles, les pauvres ou encore les migrants, lui conférant toujours une large popularité dans le monde.

Mais son ouverture à la modernité n'est pas acceptée par tous en interne et provoque des remous au sein du Vatican. Depuis le début de son pontificat, le pape François a lancé de nombreuses réformes, stigmatisant parfois sans ménagement la résistance de certains membres de la Curie. 

"Du jamais vu". Certains évêques conservateurs ne lui pardonnent pas d’avoir permis, dans certains cas, aux divorcés remariés de communier. Pour Iacopo Scaramuzzi, spécialiste du Vatican au sein de l’agence Askanews, le pape rencontre une opposition inédite : "Ce n’est pas un secret, il y a des personnes au sein du Vatican qui n’apprécient pas le pape, justement pour les décisions qu’il a pu prendre. Mais c’est peut-être la première fois que cela se voit de façon aussi flagrante et évidente, non seulement le fait que le pape désavoue ses collaborateurs mais que des évêques, des cardinaux critiquent ouvertement un Pape et qu’ils le critiquent parce qu’il est trop progressiste, je pense que ça, c’est du jamais vu, du moins dans l’époque moderne".

Entendu sur Europe 1
Toutes les décisions qui sont prises à propos du futur de l’Eglise ne sont jamais affrontées en écoutant ce que les femmes ont à dire

Des religieuses dénoncent. Depuis quelques jours, un vent de révolte souffle également parmi les religieuses. Malgré cette volonté de réforme affichée par le pape, plusieurs chantiers restent encore en suspens comme la question cruciale du rôle des femmes au sein de l’Eglise. Une question qui a refait surface de manière retentissante. Sous couvert d’anonymat, plusieurs religieuses ont dénoncé leurs conditions de travail. Des femmes parfois contraintes de passer de longues heures à laver, à faire à manger, à repasser au service des évêques et des cardinaux sans être rémunérées ou considérées.

Machisme sous couvert de paternalisme. Elles ont confié leur malaise à une journaliste de la revue Femme, Eglise, monde dirigée par Lucetta Scaraffia, qui décrit la situation : "Au sein de l’Eglise, il règne un machisme qui est déguisé en paternalisme. Et ça pèse beaucoup sur les religieuses. Elles se plaignent aussi du fait de ne jamais être écoutées. Toutes les décisions qui sont prises à propos du futur de l’Eglise ne sont jamais affrontées en écoutant ce que les femmes ont à dire. A plusieurs reprises, le pape François a souligné l’importance du rôle des femmes dans l’Eglise. Mais les mentalités semblent encore difficiles à changer. Pour le moment, il n’y a toujours pas de femme qui dirige un département au sein de la Curie au Vatican.