Viande avariée : trois sociétés, dont Charal, condamnées pour tromperie

  • A
  • A
Viande avariée : trois sociétés, dont Charal, condamnées pour tromperie
Il a été établi que les viandes en cause étaient impropres à la consommation.@ AFP
Partagez sur :

Entre fin 2006 et fin 2007, cinq contrôles avaient mis en évidence que 85 tonnes de viandes présentaient de graves anomalies. 

Le fabricant de corned-beef Covi a été condamné mercredi à 187.500 euros d'amende pour tromperie pour avoir utilisé il y a dix ans de la viande impropre à la consommation. Ses fournisseurs Charal et Arcadie ont été condamnés à 80.000 et 50.000 euros d'amende pour complicité. Le PDG de Covi, Patrice Bourigault, a quant à lui été condamné à six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende.

996.00 boîtes de corned-beef. Entre fin 2006 et fin 2007, cinq contrôles avaient mis en évidence que 85 tonnes de viandes présentaient de graves anomalies. Au total, 996.000 boîtes de corned-beef avaient fait l'objet d'un rappel.
Impropres à la consommation. A l'issue de l'information judiciaire, la justice n'avait retenu que la tromperie simple, car il était apparu que si les experts avaient bien établi "la présence de germes toxiques (staphylocoques dorés) dans certaines boîtes, ils n'avaient pas pu déterminer" que ces derniers "étaient producteurs de toxines en quantité suffisante pour présenter un risque pour la santé humaine", rappelle le tribunal dans les motivations de sa décision. Néanmoins, ont estimé les juges, il est bien établi que les viandes en cause étaient impropres à la consommation, comme le prouve "la présence d'abcès ou de pains de viande 'de couleur légèrement verte'" constatée par les services vétérinaires.

"Charal savait". Concernant Charal, le tribunal souligne que l'entreprise "savait parfaitement que Covi ne fabriquait que des conserves destinées à l'alimentation humaine et que si Covi achetait des viandes corrompues, ce n'était pas pour les envoyer à l'équarrissage, ni pour nourrir des animaux". En vendant de telles viandes, Charal a manqué à son "obligation première" de "garantir la qualité et la sécurité des produits" mis sur le marché.

Selon les enquêteurs, Charal a vendu entre 2004 et 2006 quelque 222 tonnes de ces viandes, pour 245.126 euros, là où leur envoi à l'équarrissage lui aurait coûté 27.845 euros. Sollicités par l'AFP à l'issue du délibéré, les avocats des prévenus n'ont pas souhaité faire de commentaires.