Vazgen, 6 ans, arrêté dans son école

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Vazgen, 6 ans, arrêté dans son école
Vazgen, âgé de 6 ans, a été arrêté dans les couloirs de son école primaire à Langeac, en haute-Loire.@ MAX PPP
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Cet enfant d’origine arménienne, scolarisé depuis 2007, a été conduit en centre de rétention.

Le village de Langeac, en Haute-Loire, ne s’en remet toujours pas. Lundi, aux alentours de 15h30, des gendarmes se sont rendus dans l’école primaire de la commune pour arrêter Vazgen Asryan, un enfant de 6 ans, et le conduire en centre de rétention, à Nîmes, avec son père en situation irrégulière.

"Habillés en civil, ils ont récupéré l'enfant dans un couloir de l'école, la direction avait été avertie", a précisé l’école, faisant part de "l'émotion des parents d'élèves" de ce bourg d'environ 4.000 habitants, où l'enfant était scolarisé depuis 2007.

Le père arrêté pour vol de gasoil

David Asryan, son père, avait été arrêté jeudi soir pour une infraction concernant un vol de gasoil. "Les gendarmes ont constaté qu'il n'avait pas de papiers et ont prévenu le préfet", a expliqué la porte-parole de Réseau Education Sans Frontière (RESF), précisant que la compagne de cet homme, âgée de 20 ans, avait également été arrêtée.

Le père du garçonnet, d'origine arménienne, exilé en Russie où il a grandi, avait gagné la France en 2007, "fuyant des persécutions politiques", selon RESF. Il avait vu sa demande d'asile rejetée et avait reçu à l'automne une obligation de quitter le territoire français. Alerté de cette arrestation, le juge des libertés et de la détention de Nîmes a confirmé leur placement en rétention pour 15 jours, selon des sources concordantes.

“Comment expliquer à mon fils cette situation-là ?“

“Mon fils, quand il est rentré de l’école, la première chose qu’il m’a dit c’est : ‘Maman, les gendarmes sont venus chercher mon copain Vazgen. Est-ce que c’est normal ?“, a réagi Laure Martin, dont le fils est un ami de l’enfant.

“Comment je peux, moi, une maman qui a des principes d’éducation, expliquer à mon fils cette situation-là ? Je n’en ai pas été capable. Je suis choquée qu’on s’en prenne à un enfant dans une école républicaine“, a ajouté cette mère de famille, qui atteste que le père de Vazgen “est aussi impliqué que d’autres personnes dans la vie de la commune, dans les associations. Pour nous c’est un parent comme les autres“.

“C’est un choc pour les enfants aussi“, a renchéri Christine Chevalier, membre du RESF de Langeac :

Une centaine de personnes, des membres d'associations et de syndicats, des parents d'élèves ainsi que des élus, ont manifesté mardi après-midi devant l'école. Anessa, une petite fille de 6 ans, les larmes aux yeux, a simplement confié au micro d'Europe 1 : "il me manque, il faut libérer Vazgen et son papa".