Une femme jugée pour le meurtre de sa fille de 3 ans jetée dans une rivière de Lille

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Une femme jugée pour le meurtre de sa fille de 3 ans jetée dans une rivière de Lille
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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La mère de Mandolina avait reconnu les faits en 2013.

Europe 1 vous révélait l'affaire en 2013. Une mère de 34 ans comparaît à partir de jeudi devant les assises du Nord à Douai pour le meurtre avec préméditation de sa fille de presque trois ans, Mandolina, qu'elle avait glissée dans un sac plastique puis jetée à la rivière en août 2013 à Lille. 

Faits reconnus. "J'ai noyé ma fille dans la Deûle. La juge devrait me laisser tranquille", avait écrit Estelle Derieux à l'une de ses proches après le drame. Le 13 août 2013, la mère et sa fillette disparaissent de la région de Fourmies (Nord), où elles habitaient. Une enquête pour disparition inquiétante est alors ouverte par le parquet d'Avesnes-sur-Helpe. Estelle Derieux, qui vivait seule avec sa fille non reconnue par le père, est retrouvée trois jours plus tard par la police à Lille, assise sur un banc à côté de la Deûle. Elle déclare venir ici depuis plusieurs jours, car elle a jeté sa fille dans le cours d'eau. Lors de sa garde à vue, Estelle Derieux avoue et relate avec précision les faits. Un acte prémédité, d'après l'enquête, comme le prouve le fait qu'elle transportait avec elle un sac-poubelle. 

Corps repêché. De gros moyens sont alors déployés pour draguer le canal à cet endroit-là. Le corps de Mandolina, deux ans et 11 mois, sera découvert le 17 août à environ un kilomètre plus loin dans une écluse, enfermée dans un sac plastique. Morte par suffocation, selon l'autopsie.

Le profil de la mère. Selon une expertise psychologique, la mère présentait un état dépressif et bipolaire et des capacités intellectuelles plutôt supérieures. Une autre expertise psychiatrique conclut à "une grave altération du discernement". Pour expliquer son acte, l'accusée, actuellement incarcérée à la prison de Sequedin (Nord), évoque un prétendu harcèlement des services sociaux et judiciaires. Cette titulaire d'un Master 1 en musicologie exerçant quelques emplois précaires était en effet suivie par les services éducatifs suite à une dénonciation pour des violences qu'elle aurait exercées sur sa fille. Depuis, elle avait peur que sa fille soit placée. "Je ne voulais pas qu'on me prenne mon enfant (...) Je ne voulais pas laisser mon enfant faire le bonheur de quelqu'un d'autre", dira-t-elle pour expliquer son geste.

La stratégie de la défense. L'avocat de la défense, Me Vincent Demory, évoque "une femme enfant" qui avait "une relation fusionnelle" avec sa fille pour qui elle a "tout investi". "C'est l'amour qu'elle portait à cet enfant qui est à l'origine de la destruction de cet enfant", affirme-t-il, soulignant que "le deuil est d'autant plus compliqué qu'elle n'a pas assisté aux funérailles et qu'elle ne s'est pas encore rendue sur la tombe de sa fille".

Le procès doit se tenir jusqu'au 4 novembre.