Une étudiante meurt d'une otite malgré deux visites aux urgences

  • A
  • A
Partagez sur :

La jeune fille est décédée le 23 février d'une complication rare d'otite, selon l'autopsie.

Une jeune fille de 19 ans, une étudiante lyonnaise originaire du Nicaragua, est décédée le 23 février des complications d'une otite à Lyon. Sa mère a porté plainte contre l'hôpital Edouard-Herriot. Le chef des urgences évoque quant à lui une prise en charge normale.

Deux visites aux urgences. L'étudiante prénommée Leana avait été transportée à l'hôpital deux jours avant son décès dans un état critique, relate Le Progrès, sans que les médecins ne puissent réussir à la sauver. D'après l'autopsie effectuée sur la jeune fille, le décès serait dû à une hypertension intra crânienne consécutive à un abcès cérébral, une complication rare. La mère de Leana a porté plainte contre l'hôpital estimant être face à "une erreur médicale". Sa fille s'était rendue à deux reprises aux urgences, les 9 et 12 février. "Les médecins n’ont pas pris le temps de diagnostiquer correctement le mal dont souffrait ma fille", s'est insurgée la mère.

Pas de cas d'urgence estimé. Le chef du service des urgences de l'hôpital Edouard-Herriot, le professeur Karim Tazarourte, a pour sa part estimé que le traitement initial apporté à la jeune femme - des antalgiques et des antibiotiques - "était adapté". Mais selon la mère de la jeune fille, s'appuyant sur les témoignages d'amis de sa fille, l'état de Leana ne s'était pas amélioré après sa première visite. Leana continuait notamment d'être prise de vomissements.

Ses amis et elles reviennent alors aux urgences et attendent près de 8h, selon la mère de la jeune fille. L'hôpital précise quant à lui que la patiente a été vue "dans la demi-heure" par une infirmière chargée de classer les patients selon l'urgence. Leana a été évaluée "tri 4", catégorie dans laquelle les patients peuvent attendre "6, 8 voire 10 heures", d'après le professeur. Les examens effectués lors de cette seconde prise en charge "étaient strictement normaux" et "aucun vomissement" n'a été constaté aux urgences, ajoute l'hôpital.

L'établissement réfléchit à "ce qui pourrait être fait" pour éviter de tels drames, relevant néanmoins qu'il est impossible de faire passer un scanner ou un IRM à toute personne souffrant d'otite pour déceler un éventuel abcès cérébral. La distribution d'une fiche d'alerte sur les complications pourrait être distribuée aux patients.

L'otite, fréquente, surtout chez l'enfant

Une otite est une douleur liée à l'inflammation de l'oreille, précise Gérald Kierzek, médecin d'Europe 1. C'est soit une otite externe, c'est-à-dire que le conduit auditif est touché, soit c'est une otite moyenne, aiguë, et le mal est situé un peu plus profond dans l'oreille. L'otite est banale, fréquente, surtout chez l'enfant.

Le risque est la "dissémination de l'infection", avec un abcès local, voire régional et le souci est que l'oreille est proche du cerveau. "L'otite peut engendrer aussi une inflammation et une infection de la mastoïde (os) ou une thrombose avec un caillot dans les vaisseaux sanguins ou même une infection qui peut se généraliser. Ce sont des complications difficiles à diagnostiquer. Souvent, c'est le scanner qui permettra le diagnostic mais on ne peut pas faire un scanner à tous les patients qui viennent pour une otite", ajoute Gérald Kierzek.