Miramas : un important vol d'explosifs et de détonateurs sur un site de l'armée

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Miramas : un important vol d'explosifs et de détonateurs sur un site de l'armée
Le site de Miramas qui a fait l'objet de ce vol. @ EUROPE 1/Nathalie Chevance
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La piste d'une attaque terroriste ou celle du grand banditisme ? Selon les informations d'Europe 1, 180 détonateurs et des dizaines de pains de plastic ont été dérobés dans un dépôt de munitions de l'armée de terre, à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône, dans la nuit de dimanche à lundi. 

INFO EUROPE 1

Voici une affaire particulièrement embarrassante pour le ministère de la Défense. Selon les informations d'Europe 1, un ou plusieurs individus ont réussi à s'introduire dans l'enceinte d'un important dépôt de munitions de l'armée de terre dans la nuit de dimanche à lundi. Et les malfaiteurs, qui ont pénétré sur ce site situé à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône, ne sont pas repartis les mains vides. Selon nos informations, ils auraient emporté de nombreux détonateurs et des quantités importantes d'explosifs.

180 détonateurs, une dizaine de pains de plastic, des grenades. 180 détonateurs - électroniques et pyrotechniques - ainsi qu'au moins une dizaine de pains de plastic et une quarantaine de grenades ont disparu de ce site militaire dans la nuit de dimanche à lundi. Et il ne s'agit là que de premières estimations qui restent à confirmer : l'inventaire était toujours en cours, lundi soir sur place.

Huit bâtiments forcés. Le site de Miramas ne se présente pas comme une caserne entourée par des murs. Il s'agit d'avantage d'une grosse plateforme logistique de l'Armée de Terre. Un lieu de stockage de matériel pour les opérations extérieures, "les Opex" qui sont menées en Afrique. Mais il s'agit également d'un lieu de stockage de munitions. Des dizaines de bâtiments, isolés les uns des autres par mesure de sécurité, composent le site qui s'étend sur 250 hectares, entourés par deux rangées de grillage, sans caméras de vidéosurveillance.

En journée, le site est fréquenté par 200 militaires et civils. La nuit, il ne reste que quelques gardiens et les militaires qui dorment sur place. Selon nos informations, ce sont huit bâtiments, ou "alvéoles", dans le jargon militaire, qui ont été forcés. Les malfaiteurs sont repartis en perçant et soulevant le grillage.

Une enquête ouverte par le parquet de Marseille. Mardi matin, les enquêteurs n'avancent aucune hypothèse franche et définitive, mais font état de craintes d'une attaque terroriste auxquelles s'ajoutent la piste plus traditionnelle du grand banditisme. Ce vol a en tout cas été commis par des individus bien renseignés : des militaires ou anciens militaires, des hommes qui connaissaient bien le lieu. La gendarmerie a été chargée de l'enquête et l'affaire, ultra-sensible, a été signalée au plus haut sommet de l'Etat. 

A la mi-journée mardi, le parquet de Marseille a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "vol avec effraction commis en bande organisée" et "introduction frauduleuse dans une enceinte militaire. Cette enquête est "diligentée par la section de recherches de la gendarmerie nationale de Marseille ainsi que par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) pour les constatations", a précisé le procureur Brice Robin.

La sécurité des sites militaires évaluée. Le ministère de la Défense a par ailleurs annoncé mardi avoir demandé en interne une évaluation "sous quinzaine" de "la protection de l'ensemble des sites militaires de stockage de munitions". Cette évaluation, demandée à la Direction de la protection des installations, moyens et activités de la Défense (DPID), permettra de "proposer les mesures correctrices qui s'imposeraient", précise le ministère dans un communiqué.