Un coiffeur traité de "PD" : ces décisions de justice décoiffantes

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Un coiffeur traité de "PD" : ces décisions de justice décoiffantes
@ JEFF PACHOUD / AFP
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Une décision des Prud'hommes qui considère que le terme de "PD" adressé à un coiffeur n'est pas homophobe suscite l'indignation. Une affaire étonnante loin d’être isolée.

Traiter un coiffeur de "PD" n’est pas une insulte. Telle est la décision rendue par les Prud’hommes de Paris en janvier. Le Conseil prud'homal de Paris, saisi pour un licenciement abusif, n’a pas retenu le caractère homophobe dont aurait été victime le coiffeur remercié par son employeur. La justice explique que "dans le contexte du milieu de la coiffure (…) il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles, sans que cela ne pose de problèmes". Surfant sur un stéréotype, la décision des Prud’hommes a suscité l’indignation de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, et des associations de défense LGBT. Mais cette décision de justice est loin d’être isolée, tant le tribunal du travail regorge d'affaires étonnantes.

  • Insulter sa collègue de "conne" n’est pas sexiste. Dire à sa collègue "tu es trop conne" et qu’elle ne "comprendrait jamais rien" ne relève manifestement pas du sexisme, selon la justice. En juin 2013, la Cour d’appel de Poitiers a jugé que les propos injurieux tenus par un homme à sa collègue sont certes méprisants et insultants, mais dépourvus de tout caractère sexiste. Pour se justifier, la justice a affirmé que ces propos ne font aucune référence au sexe et auraient pu être destinés à un homme. La cour a ajouté qu'ils ne portaient aucun discrédit envers le destinataire. La femme concernée a pourtant démissionné à la suite de cet incident.

  • Licenciée pour avoir porté un survêtement au travail. En matière de tenue vestimentaire, chacun a le droit de s’habiller librement… Ou presque. Une employée d’une agence immobilière a été licenciée en 1992 au motif qu’elle venait travailler en survêtement. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a reconnu en 2001 que l’interdiction "de se présenter au travail en survêtement" était justifiée par le fait que l’employée était au contact de la clientèle. La justice tranche régulièrement des litiges concernant la tenue au travail. 

  • "L’employeur peut imposer le port du soutien-gorge". Après l’interdiction, l’obligation. Une salariée, qui a refusé à plusieurs reprises de porter un soutien-gorge sous son chemisier transparent, a été remerciée par son patron. L’employeur lui avait demandé à chaque fois de changer de vêtement, ce qu’elle n’a pas fait. Le licenciement était justifié, selon l’entreprise, par le fait que cette tenue légère provoquait le trouble. Dans un arrêt du 22 juillet 1986, la Cour de cassation est allée en son sens et a ajouté que "l’employeur peut imposer à une salariée de porter un soutien-gorge sous son chemisier transparent".

  • Et ailleurs ? Aux Etats-Unis, la Cour suprême de l’Iowa a donné raison à un dentiste qui a licencié son assistante car il la trouvait trop attirante. Cette beauté aurait pu nuire à son mariage, selon lui, et a ainsi motivé le licenciement. La justice américaine a estimé à l'unanimité, en décembre 2012, qu’il ne s’agissait pas d’une discrimination sexiste, arguant que la jeune femme n’avait pas perdu son emploi en raison de son genre, mais bien à cause de "sentiments".