Trois surveillants "ripoux" soupçonnés de trafic de téléphones

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Trois surveillants "ripoux" soupçonnés de trafic de téléphones
La prison de Villepinte, en Seine-Saint-Denis.@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Trois surveillants de la maison d'arrêt de Villepinte, soupçonnés d'avoir monnayé des téléphones portables auprès de détenus, ont été placés lundi en garde à vue.

Des ripoux à la prison de Villepinte ? Trois surveillants ont été interpellés lundi et mis en examen mercredi soir pour "remise illicite d'objets à détenu par surveillant" et "corruption". "L'un d'eux, principal mis en cause, a été écroué. Les deux autres ont été placés sous contrôle judiciaire", a déclaré une source judiciaire. Au cœur de l'enquête : un trafic de téléphone portable, particulièrement sophistiqué, impliquant des détenus et des surveillants.

Ils fouillent les cellules pour récupérer des téléphones et les revendre. Toute l’affaire part des fouilles de cellule. Plusieurs surveillants, dont certains ont plusieurs dizaines d'années d'ancienneté, avaient pris la mauvaise habitude, lorsqu'ils découvraient des téléphones portables, de les garder, pour les revendre à d'autres détenus. Tout cela, en passant par au moins un intermédiaire, c’est-à-dire un complice, mandaté pour la transaction. Ce dernier était en effet chargé de revendre le portable 200 euros. Une somme récupérée ensuite par les surveillants.

Du chantage pour que les détenus puissent garder leur portable. Sauf que les "magouilles" ne s’arrêtent pas là. Ces gardiens fouillaient ensuite les cellules des détenus qui venaient de racheter ces portables en leur absence. Les surveillants faisaient ensuite du chantage aux détenus désireux de garder leur téléphone. "On ne dit rien, on n'ouvre pas de procédure, on ne fait pas de rapport et on te rend ton téléphone si tu nous donne 250 euros ou plusieurs cartouches de cigarettes", menaçaient-ils. Là encore, s'il s'agissait de cigarettes, elles étaient écoulées en interne, revendues beaucoup plus cher, 15 euros le paquet, à d'autres détenus.

Deux détenus suspectés de complicité. Ce système, dont on ignore quand il a été mis en place, a été mis à jour après qu'un détenu a enregistré les pressions et les menaces dont il a fait l'objet de la part d'un surveillant. Après 48 heures de garde à vue, les trois "matons", âgés de 30 à 35 ans, ont été mis en examen pour "remise illicite d'objets à détenu par surveillant" et "corruption". "L'un d'eux, principal mis en cause, a été écroué. Les deux autres ont été placés sous contrôle judiciaire", a déclaré une source judiciaire. Deux détenus, présentés comme des complices présumés, doivent également être présentés à un juge d'instruction de Bobigny.