Trappes : trois condamnations, deux relaxes

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Trappes : trois condamnations, deux relaxes
Un jeune homme de 19 ans a été condamné lundi à une peine de six mois ferme mais est ressorti libre du tribunal correctionnel de Versailles. Par ailleurs, deux hommes de 20 et 24 ans ont été relaxés.@ MaxPPP
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Trois peine allant de 6 mois avec sursis à 10 mois ferme et deux relaxes ont été prononcées lundi par la justice.

La justice a commencé son travail lundi, alors que les tensions étaient toujours palpables à Trappes. Après deux vagues de violences vendredi et samedi, la nuit de dimanche à lundi a été plus calme et la justice a déjà jugés cinq jeunes, soupçonnés de violences. Trois peines de prison et deux relaxes ont été prononcées lundi par le tribunal correctionnel de Versailles.

Premiers jugements. Cinq personnes ont défilé lundi devant le tribunal de Versailles. Trois hommes ont été condamnés lundi à des peines allant de 10 mois ferme à 6 mois avec sursis. Un des condamnés avait déjà fait l'objet d'un rappel à la loi pour escroquerie et été condamné à 400 euros d'amende pour une simple infraction routière. Les deux autres personnes, qui ont été relaxées, avaient un casier judiciaire vierge.

Ces jeunes, qui ont tous autour d'une vingtaine d'années, étaient poursuivis pour des jets de pierres contre les forces de l'ordre, lors des violences survenues vendredi dans le quartier des Merisiers, aux abords du commissariat de Trappes. Ce jour-là, près de 400 personnes avaient jeté des pierres, brûlé des poubelles et détruit des abri-bus. La police avait répliqué avec des grenades de dispersion et des gaz lacrymogènes. Un adolescent avait été grièvement blessé à l'œil dans les affrontements et quatre policiers légèrement atteints. Six jeunes avaient alors été interpellés.

Accalmie à Trappes. Sur le terrain, la tension est redescendue d'un cran dans la nuit de dimanche à lundi. Les policiers étaient malgré tout sur "le qui-vive", même si "la nuit a été calme sur Trappes et ses alentours", selon le syndicat de police Alliance. Seuls quelques incidents de faible ampleur ont en effet eu lieu près du commissariat de la ville, où les affrontements avaient débuté vendredi.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a déclaré lundi que la situation était "contenue" à Trappes et dans les communes environnantes où deux personnes ont été interpellées dans la nuit. "Il y a eu des incidents, à Elancourt, à Guyancourt, ainsi qu'à Montigny où il y a eu deux interpellations cette nuit. Je crois que la situation est contenue", a déclaré Manuel Valls sur RTL.

Écoutez Manuel Valls :



Manuel Valls : "Le voile intégral n'a rien à...par rtl-fr

Des tensions en début de soirée. En début de soirée, quelques dizaines de personnes se sont regroupées non loin du commissariat de cette ville populaire de 30.000 habitants. Un pétard en direction des forces de l'ordre a été jeté. Les CRS se sont aussitôt déployés et ont repoussé le groupe à l'aide d'une grenade lacrymogène. Dans la foulée, les individus ont quitté les lieux, où une vingtaine de fourgons restaient stationnés.

Un journaliste de France 2 avait d'ailleurs fait part sur Twitter de la "motivation" des émeutiers. "Nous on ne va pas dormir, et eux (les policiers) non plus", avait déclaré un "jeune de quartier" au journaliste. "L'ambiance est tendue, les collègues sont sur le qui-vive", a abondé Maryline Bereaud, secrétaire départementale du syndicat policier Alliance. "On craint des réactions sur les communes voisines", a-t-elle ajouté.

Des "tirs" et des "feux de poubelles". Mais, à part quelques pétards, aucun incident notable n'avait été répertorié sur le département, selon des sources policières. Les syndicats de police ont seulement fait état de "deux à trois tirs de mortier" à Trappes et Guyancourt, ainsi que "quelques feux de poubelles". "La Bac a investi deux barres d'immeubles", "l'opération a duré 40 minutes", a par ailleurs twitté celui-ci vers 3h30, sans préciser s'il y a eu des arrestations. "Les forces de l'ordre n'ont pas été visées", a rapporté une source syndicale. Un hélicoptère survolait également la zone.

Un contrôle de police à l'origine des tensions. L'origine des violences remonte à jeudi quand des policiers ont voulu contrôler une femme portant un voile intégral sur la voie publique, ce qui est interdit depuis 2011. Le contrôle avait dégénéré et son mari, un Français converti à l'islam de 21 ans, avait été placé en garde à vue au commissariat de Trappes. Cet homme, qui a été remis en liberté sous contrôle judiciaire samedi, sera jugé en septembre. Il est accusé d'avoir agressé un policier et tenté de l'étrangler pendant le contrôle de son épouse. Celle-ci, une Antillaise de 20 ans, a assuré au Collectif contre l'islamophobie en France que les policiers les avaient provoqués.

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Les renforts restent sur place. "C'est inacceptable qu'une personne veuille se soustraire à un contrôle et pire s'en prenne aux forces de l'ordre", a commenté dimanche sur BFM-TV le ministre de l'Intérieur Manuel Valls. Assurant ne pas douter "un seul instant" de l'attitude respectueuse des policiers lors du contrôle, il a lancé un nouvel appel "au calme". "Cette nuit encore, les familles le savent, les enfants doivent rester à la maison", a-t-il dit en promettant que les renforts resteraient sur place aussi longtemps que nécessaire.

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