Saisie record de cannabis en plein Paris : un scénario étonnant

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Saisie record de cannabis en plein Paris : un scénario étonnant
7,1 tonnes de cannabis, cachées dans trois fourgons, ont été saisies par la douane dans la nuit de samedi à dimanche en plein Paris.@ PIERRE CONSTANT / AFP
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Quelque 7,1 tonnes de cannabis ont été saisies dans des fourgons dans la nuit de samedi à dimanche. Aucune interpellation n’a eu lieu.

C’est une saisie record entourée de mystères. Quelque 7,1 tonnes de cannabis ont été saisies par la douane dans la nuit de samedi à dimanche. La drogue était stockée dans trois fourgons, stationnés en plein cœur de Paris, dans le très chic 16e arrondissement. La valeur de la marchandise s’élève à 20 millions d’euros. Pour l’heure, aucun suspect n’a été interpellé, les enquêteurs ont choisi de privilégier la sécurité, en saisissant les véhicules en pleine nuit.

Un riverain donne l’alerte. Ce qui surprend d’abord, c’est le lieu où la drogue a été saisie, preuve du culot et du sentiment de toute impunité des trafiquants. Les quatre fourgons, dont l'un était vide, étaient garés en plein Paris, sur une artère passante, au pied d'immeubles bourgeois. Les utilitaires, deux Fiat, un Ford et un Mercedes, étaient garés à cet emplacement depuis une dizaine de jours. C'est l'appel d'un témoin anonyme qui a déclenché l'opération.

Les enquêteurs sur le coup depuis plusieurs mois. Mais cette découverte est aussi le fruit d'une enquête menée par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) à la suite de plusieurs prises réalisées depuis la fin de l'été, notamment les 320 kg de résine de cannabis découverts début septembre à Bayonne, et les 193 kg à Rouen le 7 octobre, a affirmé une source proche du dossier.

De la drogue en provenance du Maroc. Les agents de la douane, qui savaient qu'une quantité importante de drogue était en cours de stockage dans Paris, sont intervenus avec un maître chien. Ils ont donc ouvert quatre véhicules utilitaires, l'un était vide, mais sentait encore le cannabis. Les trois autres, remplis de drogue, comptaient quelque 200 ballots en toile de jute plastifiée, soit 7.098 kilos de résine de cannabis.

"Les stupéfiants étaient conditionnés dans ce qu'on appelle des valises marocaines. On est donc sur de la résine de cannabis qui vient du Maroc. Ensuite, c'est remonté par la voie maritime et la voie terrestre par la péninsule ibérique. Cela pouvait repartir vers les différentes régions françaises, voire les pays limitrophes", détaille le directeur des opérations à la Direction du renseignement et des enquêtes douanières, interviewé par Europe 1.

Pas d’interpellation par "sécurité". Pour l’heure, les enquêteurs n'ont pas pu mettre la main sur les propriétaires de ces véhicules loués, immatriculés en France. Les policiers ont préféré intervenir vite, car les voitures étaient surveillées par des guetteurs, des personnes peut-être armées. "Nous avons choisi de ne pas attendre les trafiquants, car nous sommes à Paris, avec des populations qui pouvaient se promener dimanche matin. On imaginait mal, avec des organisations dont les membres sont armés, attendre. Ça aurait été trop risqué", confirme cette même source.

Des analyses en cours. L'enquête en flagrance a été confiée à l'office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) de la police judiciaire, selon une source judiciaire. Des analyses sont en cours pour exploiter les empreintes génétiques et digitales relevées sur place. "Un travail de police, technique et scientifique, est en cours d'opération. On espère retrouver des traces d'ADN sur les véhicules et les valises. On espère pouvoir démanteler le réseau", réagit le directeur des opérations à la Direction du renseignement et des enquêtes douanières.

Les enquêteurs évoquent un mode opératoire nouveau dans son mode de stockage. "Là où on s'inquiète, c'est qu'il y ait une quantité de drogue aussi importante, à Paris même. Et que ce ne soit pas caché", précise-t-il encore. La drogue sera détruite dans les jours qui viennent.