Porte de Vincennes : le récit d'une prise d’otages

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Porte de Vincennes : le récit d'une prise d’otages
@ THOMAS SAMSON / AFP
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RÉCIT - Au moins cinq personnes, dont le tireur, suspect de la tuerie de Montrouge, ont trouvé la mort vendredi.

Vendredi vers 13h, Amedy Coulibaly, suspect de la tuerie de Montrouge, entre dans une épicerie casher, au 23 avenue de la porte de Vincennes, dans l'est de Paris. Commence alors une prise d’otages qui durera plus de quatre heures et fera cinq morts, dont le tireur.

"Une odeur de poudre". "Les gens faisaient leurs achats, il est rentré avec un fusil et il a tiré dans tous les sens. Je me suis sauvé au bout de quelques secondes. Les gens hurlaient. J’ai tout de suite compris ce qu’il se passait : si je ne me sauve pas, je vais y passer", raconte un témoin au micro d’Europe1. Si ce dernier a vécu le début de la scène de l’intérieur, c’est tout un quartier qui a été surpris.

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"Il y a eu une fusillade, on a entendu des coups de feu, j'ai fait rentrer mes clients", raconte une serveuse du restaurant "Le Bougnat", situé juste en face de l'épicerie casher, qui a assisté de son commerce au début de la prise d’otage. "On a cru à un accident de voiture", puis "il y a eu un deuxième bruit, un peu plus intense". "Là, on est sortis, on a vu des gens courir en disant 'y'a un fou, y'a un fou'". "On a senti une odeur de poudre", raconte encore Mohamed, gérant d'une station service voisine.

Vincennes

© Twitter/ @Fiaxhs

Le lien avec Charlie Hebdo confirmé.  Au bout de quelques minutes, le Raid et la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) sont déployés. Le quartier est bouclé, les élèves des établissements alentours confinés à l’intérieur. Selon les informations d’Europe1, le tireur fait alors une revendication : il propose de libérer des otages si les forces de police laissent partir les tireurs de la fusillade de Charlie Hebdo, retranchés au même moment en Seine-et-Marne. Selon les informations d'Europe1, Amedy Coulibaly, qui a menacé d'abattre tous les otages, connaissait Chérif Kouachi, l'un des suspects de l'attentat de Charlie Hebdo.



La situation restera stable pendant plusieurs heures. Pendant la prise d'otages, Amedy Coulibaly, qui avait avec lui des explosifs dont il ne s'est pas servi, aurait passé plusieurs coups de téléphone, dont certains à des proches pour leur demander d'attaquer "des commissariats de banlieue parisienne". Vers 16h, un magasin jouxtant l’épicerie est évacué. "Ils nous ont demandé à un moment précis d'ouvrir la porte et là, on a trouvé un cordon de policiers qui nous ont protégés pour pouvoir être évacués", témoigne Olivier, l’un des clients de ce magasin.

Quatre corps en plus du tireur. Peu avant 17h, l’assaut est donné à Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne. Les tueurs présumés de la fusillade de Charlie Hebdo y sont abattus. Vers 17h15, la charge est également donnée porte de Vincennes. Plusieurs explosions se font entendre, puis des coups de feu. Bénédicte, une riveraine, raconte. "On a penché nos têtes vite fait par la fenêtre, on a vu les forces de l'ordre rentrer dans l'hypermarché", indique-t-elle, précisant avoir dénombré "au moins une quarantaine de policiers armés et protégés qui sont rentrés à l'intérieur".



VIDEO - Les images de l'assaut porte de Vincennespar Europe1fr

L’assaut durera moins de cinq minutes. Deux fonctionnaires de police sont blessés à la jambe, un autre plus sérieusement. Le tireur, lui, est abattu. Plusieurs otages ont réussi à sortir sains et saufs. Mais selon une source proche du dossier, les forces de l’ordre retrouvent quatre autres corps morts, "vraisemblablement" tués dès le début de l'assaut par Amedy Coulibaly, selon François Molins, le procureur de Paris, qui indique aussi que le magasin avait été piégé. "C'est un soulagement, c'était stressant et fatiguant à la fois", confiera une riveraine après l’opération.