Perquisition du bureau de Vincent Bolloré dans le cadre d'une enquête sur ses activités africaines

© AFP
  • Copié
avec Reuters , modifié à
Le groupe Bolloré Africa Logistics est visé par une enquête pour des faits de "corruption d'argent public étranger" au Togo et en Guinée. 

Les bureaux de Vincent Bolloré ont été perquisitionnés le 8 avril par les policiers de l'Office central de la lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCLIFF), à Puteaux dans les Hauts-de-Seine, révèle Le Monde mardi. Le bureau du directeur général et du directeur juridique du groupe Bolloré Africa Logistics ont également été fouillés par les enquêteurs. 

Suspicion de corruption d'argent public étranger. L'enquête judiciaire concernant le groupe Bolloré - présent dans 46 pays du continent africain où il s’est imposé dans la logistique portuaire - porte sur des faits de "corruption d'argent public étranger" : les enquêteurs se demandent si le groupe a utilisé son bras publicitaire, l'agence Havas, pour faciliter l'obtention de la gestion des ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo.

C'est en enquêtant sur les relations de Francis Perez, président du groupe Pefaco, une société spécialisée dans l'hôtellerie et les jeux et très implantée en Afrique, que les enquêteurs ont été amenés à se pencher sur les activités africaines de l'industriel Vincent Bolloré : selon Le Monde, Francis Perez compte parmi ses relations Jean-Philippe Dorent, salarié de la société de communication Havas (détenue à 60% par Bolloré), qui s'est "notamment occupé en 2010 de la campagne présidentielle guinéenne du candidat Alpha Condé".

La gestion du port de Conakry et de Lomé confiée au groupe Bolloré. Le président de la République de Guinée, Alpha Condé, élu en novembre 2010, avait résilié le 8 mars 2011, par décret, la convention de concession du terminal à conteneurs du port de Conakry octroyée en 2008 pour une durée de 25 ans à Getma, une filiale de l'armateur NCT Necotrans. Le gouvernement guinéen avait confié quelques jours plus tard la gestion du port au groupe Bolloré, déclenchant une bataille judiciaire entre les deux rivaux. Le groupe Bolloré avait été condamné en 2013 par le tribunal de commerce de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, à verser plus de 2 millions d'euros à NCT Necotrans. Le groupe Bolloré a indiqué avoir "cessé toute communication politique depuis 2011".

De plus, toujours selon le quotidien, Jean-Philippe Dorent s'est également chargé d'une partie de la communication du jeune président togolais Faure Gnassingbé, fils de Gnassingbé Eyadema. En 2010, année de la réélection de Faure Gnassingbé, le groupe Bolloré remportait la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour une durée de 35 ans. Une décision elle aussi contestée par un concurrent.