Notre-Dame-des-Landes : des entreprises candidates menacées

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Notre-Dame-des-Landes : des entreprises candidates menacées
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Des sociétés susceptibles de travailler sur le chantier du futur aéroport du Grand Ouest ont reçu des menaces de représailles dans un courrier anonyme.

"Si nous vous faisons parvenir ce courrier, c'est dans la louable intention de vous mettre en garde des risques encourus par l'entreprise qui décrochera ce marché". Derrière ces quelques mots bien intentionnés, une menace clairement énoncée reçue dans une lettre, dont BFM-BUSINESS se faisait l'écho vendredi, par des entreprises susceptibles de travailler pour le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

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Interruptions de travail, dégradations, harcèlements téléphoniques. Ce courrier est signé d'un prétendu président d'une association parodique, basée dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, et nommée "Du bordel de l'Ouest", qui pastiche ainsi "des Ailes pour l'Ouest", l'association de promotion du transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes.



Il évoque un ensemble d'actions que risqueraient les entreprises  travaillant sur le chantier de l'aéroport du Grand Ouest.

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"Vous ignorez peut-être les pertes dont les autres entreprises liées à ce projet furent précédemment l'objet. Celles qui ont travaillé sur le terrain, à la ZAD, furent confrontées à de multiples interruptions de travail, dégradations, harcèlements téléphoniques", peut-on ainsi lire dans ce texte. Plus loin, en annexe, le corbeau glisse deux pages égrenant l'ensemble des "incident, sabotages, délits et perturbations dont divers entreprises liées au projet d'aéroport ont fait l'objet".

"Ce sont des brigands". Pierre, patron d'une entreprise de travaux publics, est l'un des destinataires de ce courrier. Il se confie au micro d'Europe 1. "C'est une lettre de chantage qui est inadmissible pour une entreprise. C'est absolument scandaleux", s'indigne-t-il. "On ne va pas renoncer. On a déjà répondu à certains appels d'offres concernant l'aéroport et demain nous répondrons encore aux appels d'offres. Nous n'avons pas peur", poursuit-il.

"On a des personnels à protéger donc on fera en fonction. Mais ce n'est pas cela qui va nous faire changer d'avis. Cela devient de la terreur. Contre ce brigandage, parce que ce sont des brigands, qui pratiquent le hold-up, ce que l'on appelait dans le temps des vauriens, on ne va pas se laisser faire. On ne va se laisser dépasser", assure le patron qui entend renforcer les mesures de sécurité et de surveillance de ses chantiers.

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Vers une plainte des pro-aéroports. L'association des Ailes pour l'Ouest, qui organisait vendredi une manifestation patronale pour le "oui" à l'aéroport devant la préfecture de Nantes, a annoncé qu'elle comptait déposer plainte.