Lorenzo aurait-il pu être sauvé ?

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Lorenzo aurait-il pu être sauvé ?
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Ce nourrisson est mort de dénutrition dans l’Isère. Les services sociaux avaient été alertés.

André Vallini, le président du Conseil général d'Isère, a officiellement demandé une enquête administrative sur la mort de Lorenzo, 10 mois. Ce nourrisson a été retrouvé mort de dénutrition et déshydratation le 19 avril dernier, à Péage-de-Roussillon dans l’Isère. Or, les services sociaux puis un juge des enfants avaient été alertés.

Les parents de Lorenzo sont des toxicomanes. Enceinte, sa mère a été hospitalisée après la découverte du corps de l’enfant pour une overdose, précise Le Dauphiné Libéré.

Une famille signalée aux services sociaux

En juin 2009, les services de protection maternelle et infantile avaient signalé la situation de cette famille à la justice. Neuf mois plus tard, le 17 mars, le juge des enfants avait ordonné la mise en place d'une aide éducative en milieu ouvert. Une association de protection de l'enfance avait été chargée d’appliquer cette décision. Elle ne l’a jamais fait.

Des voisins, qui ont aussi tenté de donner l’alerte, racontent que la situation de ces parents de toxicomanes n’était un secret pour personne. Certains avaient pris les devants et faisaient quelques courses pour la mère de l’enfant. "Ils lui ont posé une bouteille de coca. Elle n’a pas eu la force de sortir, elle a rampé sur les fesses. Ça se voyait qu’elle se droguait et tout le monde le savait", raconte un riverain rencontré par Europe 1.

Le frère aîné de Lorenzo, âgé de 3 ans, avait d’ailleurs été placé en famille d’accueil.

Un manque de coordination ?

Pourquoi rien n’a été fait pour protéger l’enfant ? "Il n’y a pas de coordination entre les communes et le département, entre le département et la justice", résume André Vallini, au micro d’Europe 1. Le président du Conseil général déplore notamment le temps mis par chaque service pour agir et faire avancer le dossier.

Le parquet a ouvert une information pour "privation de soins ayant entraîné la mort par ascendant". Mais le père de Lorenzo, qui avait quitté le domicile familial une semaine avant le drame, se fait accusateur à son tour. Au-delà de sa compagne, qu’il accuse de meurtre, il menace de porter plainte contre les services sociaux qui "n’ont pas fait leur travail".