Libéré après 33 ans de prison, un ex-ennemi public n°1 rechute

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Libéré après 33 ans de prison, un ex-ennemi public n°1 rechute
Lionel Cardon en 1984 à la sortie de l’hôtel de police de Bordeaux. @ AFP
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Condamné à la perpetuité en 1986 pour trois meurtres, Lionel Cardon, soupçonné d'avoir commis deux braquages pendant l'été, a été interpellé à Nice.

C'est un ancien ennemi public numéro 1 qui se retrouve une nouvelle fois dans le viseur de la justice. Au milieu des années 80, près de Bordeaux, Lionel Cardon avait tué un couple de médecins puis un policier. Trois meurtres pour lesquels il a passé 33 ans derrière les barreaux. Libre depuis deux ans, l'homme a été interpellé fin octobre près de Nice, dans les Alpes-Maritimes, rapporte La Dépêche. La gendarmerie le soupçonne d'être l'auteur de deux braquages commis cet été dans la région de Toulouse, en Haute-Garonne.

33 ans de prison pour le "tueur au foulard blanc". On le surnommait le "tueur au foulard blanc". Et pendant quelques semaines, à l'automne 1983, Lionel Cardon était devenu "l'ennemi public numéro 1". Il est alors poursuivi pour les meurtres d'un couple de médecin près de Bordeaux, en Gironde. Dans sa cavale, le malfaiteur tue une troisième fois. Sa victime est un motard de la police, abattu car il avait reconnu le suspect recherché. En 1986, l'homme est finalement condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité. Mais après 33 ans derrière les barreaux, Lionel Cardon, 57 ans, a été libéré en 2013. Une libération conditionnelle animée par un seul but : la création d'une salle de boxe pour une réinsertion réussie. Ce projet audacieux avait d'ailleurs fait l'objet d'un portrait dans Le Monde à l'époque. Mais rien ne s'est déroulé comme prévu.

Le difficile chemin de la réinsertion. "Il a voulu essayer de trouver une salle de boxe. Il est allé voir les banquiers à plusieurs reprises et on lui a dit : 'avec l'âge que vous avez et avec le passé que vous avez, ce n'est pas possible'", rapporte au micro d'Europe 1 son avocat, Me Christian Blazy.

Entendu sur Europe 1
 Ne s'en sortant pas, il a choisi la mauvaise voie 

"Il s'est alors dit : 'je vais essayer d'obtenir cet argent, il me faut 20.000 euros pour pouvoir acheter une salle de boxe et louer tout le matériel et que cela devienne viable pour moi", explique-t-il. Et l'avocat de conclure : "ne s'en sortant pas, il a choisi la mauvaise voie".

Il braque la banque qui lui refusé son prêt. Le 2 août dernier, Lionel Cardon aurait braqué un bijoutier de Muret, près de Toulouse. Le suspect s'introduit chez la victime pendant son sommeil. Encagoulé et armé, il braque le bijoutier dans son sommeil avant de l'obliger à le conduire dans son commerce puis de se faire remettre le contenu du coffre. Trois semaines plus tard, l'ancien ennemi public n°1 aurait récidivé. Avec le même mode opératoire, il s'en serait pris cette fois à la responsable de la Banque postale de Seysses, toujours dans la région toulousaine. Cette agence qu'il braque est la même qui, quelques semaines plus tôt, lui avait refusé un prêt. Le montant total du préjudice pour ces deux méfaits s'élève à 50.000 euros en espèces et en or.

Des empreintes sur une tasse de café. L'homme a finalement été trahi par ses empreintes, laissées malencontreusement sur une tasse en se servant un café chez sa première victime. Identifié, Lionel Cardon a finalement été interpellé le 22 octobre dernier par les gendarmes de la section de recherches de Midi-Pyrénées, à son domicile, près de Nice, où il s'était réfugié.