Le rappeur Orelsan, rejugé pour plusieurs chansons, sera fixé jeudi

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J.R. avec AFP
L'artiste est rejugé pour les textes de huit de ses chansons. Il avait été condamné, puis relaxé par la cour d'appel de Paris. 

Rap "ironique" et de "mauvais goût" ou provocation à la violence envers les femmes ? Où se situe la limite entre création artistique et délit ? Le rappeur Orelsan, rejugé à Versailles pour plusieurs chansons, saura jeudi s'il est condamné. "On peut pas faire que des œuvres qui soient du Walt Disney, quoi !", avait plaidé l'artiste de 33 ans à la barre de la cour d'appel qui, en décembre, le jugeait pour la troisième fois. "Il y a la liberté de création !", avait lancé le rappeur, Aurélien Cotentin de son vrai nom. Pas de quoi ébranler les représentantes des cinq associations féministes qui le poursuivent : Chiennes de garde, Collectif féministe contre le viol, Fédération nationale solidarité femmes, Femmes solidaires et Mouvement français pour le planning familial.

Huit de ses chansons en cause. En cause, les textes de huit de ses chansons, interprétées lors d'un concert à Paris en mai 2009 : "J'te quitterai dès qu'j'trouve une chienne avec un meilleur pedigree", "J'respecte les schnecks avec un QI en déficit, celles qui encaissent jusqu'à finir handicapées physiques"... Pour certains des passages litigieux, l'artiste avait été condamné en 2013 à 1.000 euros d'amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.

La chanson "Sale pute" d'Orelsan : 

"Comme si c'était d'ma faute si les meufs c'est des putes". Les juges avaient ainsi considéré la phrase "les féministes me persécutent (...), comme si c'était d'ma faute si les meufs c'est des putes", comme une injure sexiste. Pour "renseigne-toi sur les pansements et les poussettes, j'peux t'faire un enfant et t'casser le nez sur un coup d'tête", ainsi que "ferme ta gueule ou tu vas t'faire marie-trintigner (...)", Orelsan avait été reconnu coupable de "provocation à la violence à l'égard d'un groupe de personnes en raison de leur sexe".

Mais en 2014, la cour d'appel de Paris avait jugé les poursuites prescrites, sans se prononcer sur le fond. La Cour de cassation avait annulé cette décision en juin et ordonné ce troisième procès.