La sécurité renforcée au dernier jour du procès Outreau

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La sécurité renforcée au dernier jour du procès Outreau
Daniel Legrand fils lit le journal devant le palais de justice de Rennes où il est jugé depuis le 19 mai. @ JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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Au Palais de justice de Rennes, le climat tendu fait craindre des débordements en cas d’acquittement de Daniel Legrand jugé depuis le 19 mai dans le dernier volet de ce dossier.

Daniel Legrand fils va savoir vendredi s'il est de nouveau acquitté, ainsi que l'a requis jeudi l'avocat général, et si "la malédiction Outreau" est définitivement derrière lui. L'audience doit reprendre vendredi matin avec les derniers mots de l'accusé, jugé depuis le 19 mai devant la cour d'assises des mineurs d'Ille-et-Vilaine, pour des accusations d'agressions sexuelles et de viols sur des enfants, qu'il aurait commis avant ses 18 ans. Jugé pour ces mêmes faits en 2005, mais en tant que majeur, il avait été acquitté. Sur place, le climat tendu fait craindre des débordements en cas d’acquittement. A tel point que Me Franck Berton l’avocat du prévenu a demandé un renfort de policiers.

Des associations révisionnistes qui créé des tensions. Car pendant trois semaines, c’est dans un climat souvent très tendu qu’ont eu lieu les débats. Le président l’a lui-même souligné, regrettant une ambiance nauséabonde. La faute notamment à la présence dans la salle de nombreux membres d’une association convaincus de la culpabilité de Daniel Legrand fils et d’autres acquittés d’Outreau. Des altercations avec des avocats et des journalistes ont même éclaté durant le procès.

"Il y a des craintes". C’est ce qui a poussé Me Berton, l’avocat de Daniel Legrand à réclamer un renforcement des mesures de sécurité pour le verdict. "Ce procès était voulu par certain. On est venu nous dire qu’il y avait une autre vérité que celle d’Outreau, celle qui a été rendue. Et si c’est toujours la même vérité, parce qu’il n'y en a qu’une, si elle est prononcée une nouvelle fois,  après Paris, après Saint-Omer, on peut craindre que ces énergumènes, qui sont soutenus par des mouvements  assez curieux, puisse troubler la quiétude de la justice et le palais de Justice de Rennes. J’espère que non, mais il y a des craintes", confie-t-il.

Des policiers en renfort. 25 policiers devraient donc être mobilisés dans le palais et aux abords. Et c’est en cas d’acquittement que la situation risque d’être la plus tendue. Un acquittement qui semble probable. Jeudi, dans son réquisitoire, l’avocat général a demandé aux jurés de déclarer Daniel Legrand innocent. Et on a pu entendre à la sortie des commentaires d’écœurement et de colère.