L’ancien éducateur des frères Kouachi "n’a pas d’explication"

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L’ancien éducateur des frères Kouachi "n’a pas d’explication"
@ JOEL SAGET/AFP
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TEMOIGNAGE - Les deux hommes ont passé six années dans un foyer en Corrèze, où on ne comprend pas comment ils ont pu en arriver là.

Chérif et Saïd Kouachi sont désormais les deux hommes les plus recherchés de France, suspectés d’être les auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo. Elément accablant, ils figuraient depuis des années sur la liste noire du terrorisme établie par les Etats-Unis et qui empêche de s’y rendre en avion. Pourtant, rien dans leur jeunesse ne laissait deviner une telle dérive : dans le foyer corrézien de Treignac, où ils ont été placés pendant six ans, les deux hommes ont même laissé un bon souvenir.

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Des jeunes de bonne volonté. Après le décès de leurs parents, Saïd et Chérif, alors respectivement âgés de 12 et 14 ans, sont placés dans un foyer à Treignac. Ils passent six années dans ce village corrézien sans poser de problème particulier : les deux adolescents rattrapent leur retard scolaire, l’aîné décroche même son CAP de cuisinier. Et ils intègrent le club de football local, comme beaucoup de jeunes de cet âge. 

"Il n’y a pas d’explication". "Durant ces six années, ces jeunes ont réellement fait part de motivation par rapport à leur scolarité", se souvient Patrick Fournier, le chef du service éducatif du centre des Monédières. "Un petit peu moins Chérif  pendant sa dernière année de scolarité, il était un peu dans l’illusion et avait pour seul objectif de faire une carrière de footballeur professionnels, tandis que Saïd, l’ainé, était introverti, un peu plus travailleur. Pour le reste, ce sont des gamins qui ont participé à toutes les activités proposées, jamais rebelles, jamais opposants", ajoute-t-il.

"La superposition des images qu’on a ressorties, des photos de ces gamins à 12, 13 ans, joyeux, sympas, et qu’effectivement, comme tout Français on voit ce meurtre odieux... Quand on se dit que c’est la même personne…", poursuit-il, avant de conclure : "il n’y a pas d’explication".

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