Justice : un manque de personnel provoque la remise en liberté d'un suspect

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Un suspect, détenu pour trafic de drogue présumé dans l'attente de son procès, a été libéré car aucun agent pénitentiaire n'était disponible pour organiser son transfert au tribunal de Brest.

Le parquet de Brest a regretté mardi un premier cas de "libération intempestive". Le tribunal a dû remettre en liberté un homme jugé pour trafic de drogue, parce qu'il n'a pas pu comparaître à son procès pour la deuxième fois, et ce à 15 jours d'intervalle. 

Une situation ubuesque. Les agents de l'administration pénitentiaire n'étaient pas disponibles pour le conduire de la prison, où il était détenu, vers le tribunal. Le président a donc décidé de remettre le suspect en liberté au grand désarroi du procureur Eric Mathais sidéré par l'organisation de la pénitentiaire : "A Brest, nous sommes à 150 kilomètres de Lorient, et pourtant ce sont des agents de l’administration pénitentiaire qui viennent de Lorient - 2h30 de route environ - jusqu'à la maison d'arrêt de Brest où ils prennent en charge le détenu pour l'amener au tribunal", explique-t-il à Europe 1. "Il y a seulement 15 minutes de trajet. Ensuite, ils le reconduisent à la maison d'arrêt de Brest puis rentrent à Lorient. Ça fait quasiment une journée complète pour trois agents de l’administration pénitentiaire" déplore-t-il. "Or, le pôle d'extraction de Lorient est compétent pour Brest mais également pour Quimper, Vannes et Lorient. Il y a actuellement 13 agents pour ce pôle qui ne suffisent absolument pas, c'est une situation qui confine à l'ubuesque", décrit encore le procureur. 

27 % des audiences renvoyées pour les mêmes raisons. Depuis le 1er mai, "quasiment dans un cas sur deux, l'administration pénitentiaire nous dit qu'elle n'est pas en mesure de procéder à l'extraction", assure encore Eric Mathais, indiquant que de ce fait 27% des audiences prévues avaient dû être renvoyées. Le prévenu libéré a déjà violé son contrôle judiciaire pendant l'enquête. Procureurs comme policiers craignent de ne pas voir le trafiquant de drogue présumé réapparaître à son procès, prévu pour le mois d'octobre.