Justice : Patrick Henry obtient une libération conditionnelle

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Justice : Patrick Henry obtient une libération conditionnelle
@ AFP
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L'homme avait été condamné en 1977 à la réclusion criminelle à perpétuité. Le parquet pourrait faire appel.

Jeudi, le tribunal d’application des peines de Melun, en Seine-et-Marne, s'est prononcé en faveur de la liberté conditionnelle de Patrick Henry. Concrètement, le tribunal a accordé au détenu de 62 ans, dont près de 40 années en prison, d'entamer dès janvier, avec une première permission de sortie, le parcours de probation qui doit le mener à la liberté conditionnelle en août 2017. Mais le parquet pourrait faire appel dans les prochaines heures.


Mise à jour le 7.01 à 16h15. Le parquet a fait appel de la libération conditionnelle accordée jeudi à Patrick Henry, a annoncé la procureure de la République de Melun, Béatrice Angelelli.

Perpétuité. Patrick Henry, condamné à la réclusion à perpétuité en 1977 pour le meurtre de Philippe Bertrand, un enfant de sept ans, était devenu un symbole de la lutte pour l'abolition de la peine de mort. Il y avait échappé de justesse grâce notamment à la plaidoirie de son avocat Robert Badinter.

Des précédents. La requête présentée jeudi est loin d’être la première de Patrick Henry, qui en a formulées de nombreuses depuis son incarcération. En 2007, un tribunal d’application des peines lui avait accordé la libération conditionnelle. Mais, celle-ci avait finalement été rejetée suite à un appel du parquet. Épuisé par les rejets successifs, le détenu avait entamé une grève de la faim en 2011. En juillet 2014, c’était au tour de François Hollande de refuser sa demande de grâce présidentielle.

Son projet pour l’après. Le sexagénaire aspire désormais à se rendre utile. Il souhaiterait "travailler dans des associations pour mettre sa compétence informatique au service des autres". Avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation, le détenu a élaboré un projet. Celui-ci propose qu’il soit libéré sous un régime de semi-liberté. Les week-ends, il séjournerait, grâce à une association, dans un appartement lillois. Durant la semaine,  Patrick Henry dormirait au centre de semi-liberté d’Haubourdin, près de Lille, tout en portant un bracelet électronique.