"Il a arraché mon doigt avec ma bague"

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Une dame âgée de 84 ans, agressée en plein Paris, a perdu un doigt en se faisant voler une bague. Elle témoigne au micro d'Europe 1.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Son tort : porter une trop belle bague. Le matin du 12 octobre, Henriette (le prénom a été changé), 84 ans, rentre du marché, dans le 7e arrondissement de Paris. Un homme s'approche d'elle, tout de noir vêtu, ganté et casqué. "Ses yeux étaient braqués sur moi. Et comme, à l'âge que j'ai, je ne pense pas que c'était mon physique qui l'intéressait, c'était forcément autre chose. Comme une imbécile, j'ai cru que c'était mon sac qu'il voulait. Donc je me suis débattu, et j'ai commencé à hurler au secours", raconte la vieille dame à Europe 1.

"J'ai senti une souffrance horrible". Un deuxième homme arrive derrière elle et la ceinture. La violence de l'agression est telle que l'un des deux malfaiteurs lui arrache sa bague… et son annulaire. "J'ai senti une souffrance horrible", se remémore Henriette. "Ça s'est passé en un clin d'œil : il a arraché mon doigt avec ma bague et même mon alliance, ce qui me fait encore plus de peine. Il a jeté le doigt dans le caniveau et ils sont partis à moto à toute vitesse. Ma bague faisait partie de moi, je ne l'enlevais jamais."

"De la gêne et de la colère". Dans leur fuite,  les deux malfaiteurs aspergent de gaz lacrymogène un passant qui tentait de les poursuivre. A l'hôpital, les médecins renoncent à regreffer le doigt de la dame. "Je n'ai pas une réaction de désespoir comme si j'avais eu 30 ans", poursuit Henriette. "Après tout, j'ai 84 ans. Mais ça me gêne dans mes gestes de tous les jours. J'ai de la gêne et de la colère".

Un crime passible de 15 ans de prison. Le troisième district de police judiciaire, saisi de l’enquête, est parvenu à identifier l’un des deux hommes, et début novembre, a interpellé les deux suspects, âgés d’une quarantaine d’années, et bien connus des services de police. Les deux hommes sont mis en examen par une juge d’instruction pour "vol avec violences ayant entraîné une mutilation permanente". Ils sont susceptibles de passer devant une cour d’assises, et risquent jusqu'à 15 ans de prison. La bague, elle, un superbe diamant estimé à plus de 100.000 euros, n'a pas été retrouvée.