Paris suspects : 3 mois avec sursis et 30.000 euros d'amende requis contre Karabatic

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Paris suspects : 3 mois avec sursis et 30.000 euros d'amende requis contre Karabatic
Pour le ministère public, la star du handball français ne pouvait ignorer l'existence des paris sur le match Cesson-Montpellier. @ AFP
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Le parquet a requis une peine de prison avec sursis et 30.000 euros d'amende à l'encontre de la star du handball Nikola Karabatic, lundi, devant le tribunal correctionnel de Montpellier.

Une "tricherie en équipe". Ce sont les termes utilisés par le procureur de la République, Patrick Desjardins, lundi, devant le tribunal de Montpellier, pour qualifier le comportement des prévenus dans l'affaire des paris suspects portant sur le match de handball Cesson-Montpellier, le 12 mai 2012. Trois mois de prison avec sursis et 30.000 euros d'amende ont été requis à l’encontre de l'icône du handball français, Nikola Karabatic, le magistrat lui reprochant personnellement d'avoir "cautionné tout ça". Le parquet a par ailleurs réclamé des peines d'amendes comprises entre 7.500 et 80.000 euros et des peines de prison avec sursis allant de trois à six mois.

Des chiffres accablants pour le parquet. Pendant près de quatre heures, lundi après-midi, le procureur s'est attaché à exposer sa vision de l'affaire. "Le caractère aberrant des mises passées attestent qu'il y a eu tricherie. Il n'y a pas besoin d'aller chercher ailleurs", a affirmé Patrick Desjardins à l'intention des 16 prévenus "d'escroquerie" ou de "complicité d'escroquerie", parmi lesquels huit joueurs, dont la star Karabatic et son frère Luka. "La réalité de ce dossier, ce sont les chiffres, ce sont les 102.300 euros engagés chez seulement 15 détaillants entre 10 heures et 10h50", a détaillé le magistrat, affirmant qu'aucun pari n'avait été pris "dans le dos de Nikola Karabatic".

"Enfant gâté du sport français". "Il n'y a pas de place pour l'ignorance. Non, non M. Karabatic, il n'y aucun pari qui a été pris dans votre dos!" a dit le magistrat, s'adressant directement au joueur du FC Barcelone avant de demander au tribunal de condamner "un enfant gâté du sport français". Patrick Desjardins a également pointé la stratégie de défense adoptée par la vedette du milieu, qui consiste à nier toute escroquerie. "Je ne vous ai pas trouvé très convaincant. [...] Vous avez peut-être l'habitude que tout le monde vous serve la soupe, mais la vérité, ici, est différente", a insisté le magistrat à l'endroit du joueur. La semaine dernière, Nikola Karabatic avait été minutieusement dédouané par les autres mis en cause, notamment par sa compagne Géraldine Pillet.

"Une tricherie en équipe". A l'encontre des sept autres handballeurs, le parquet a requis six mois de prison avec sursis et 60.000 euros contre Mladen Bojinovic, trois mois de prison avec sursis et 20.000 euros contre Luka Karabatic, Dragan Gajic, Issam Tej et Samuel Honrubia. Enfin, trois mois avec sursis ont été demandés, avec des amendes moindres, contre Mickaël Robin (10.000 euros) et Primoz Prost (15.000 euros).

"On aurait pu retenir l'escroquerie en bande organisée. On aurait pu viser l'association de malfaiteurs. Ce sont des termes juridiques qui conviennent", a par ailleurs indiqué le magistrat. "Mais, évidemment, personne ici ne peut être qualifié de bande organisée ou de malfaiteur. C'est une tricherie en équipe. Tous les prévenus, ici, ne peuvent pas dire qu'ils ne sont pas concernés", a ajouté le procureur, reconnaissant toutefois que tous les joueurs n'"ont pas participé".

Les joueurs ont "gérer leur retard". Pour lui, les Montpelliérains ont arrangé le match pour supprimer "l'aléa sportif". "On ne leur reproche pas d'avoir truqué tout le match, toute la première période. C'est beaucoup plus subtil. Ce qu'on leur reproche, c'est d'avoir géré leur retard", a ajouté Patrick Desjardins, rappelant que Montpellier "n'a jamais mené" dans cette rencontre. "Gérer son retard, cela s'appelle de la triche", a-t-il insisté.

Les paris sur le score en faveur de Cesson à la mi-temps de ce match le 12 mai ont rapporté quelque 300.000 euros de gains, au détriment de la Française des jeux (FDJ).