Falletti : "Rien n'exclut qu'on ait des attentats simultanés en France"

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TERRORISME - Au micro d'Europe 1, le procureur général de la Cour d'appel de Paris revient sur la façon dont la justice française traite le terrorisme. Et explique comment elle pourrait encore mieux faire.

Les attentats de janvier ont fait resurgir le spectre du terrorisme sur le sol français. Départs d'aspirants djihadistes en Syrie, menaces de l'organisation de l'Etat islamique (EI) de frapper à nouveau la France, attentat en Isère, les services de renseignement intérieur et extérieur, mais aussi la justice, sont largement sollicités dans cette lutte anti-terroriste. 

  • Comment la menace terroriste a évolué en France

Interviewé au micro d'Europe 1, le procureur général de la Cour d'appel de Paris François Falletti se montre confiant quant à la capacité de la France de s'adapter à ce nouveau genre de risques. "Depuis 1986, la structure judiciaire dédiée au terrorisme s'adapte en permanence aux nouvelles pratiques. Aujourd'hui, on est confronté à de tout autres risques qu'en 1995 (lors de l'attentat de la station RER de Saint-Michel à Paris,  revendiqué par le GIA algérien). A l'époque, les auteurs de ces attaques agissaient de façon ponctuelle et pour des motifs extérieurs, aujourd'hui, ils agissent de façon permanente pour des structures qui commettent quotidiennement des crimes contre l'Humanité", explique-t-il. 

  • Comment l'appareil judiciaire traite de plus en plus d'affaires

Autre changement notable ces dernières années, la prolifération des affaires terroristes. Le magistrat montre à quel point le nombre de dossier à traiter augmente de manière exponentielle : "En 2012,  on avait 9 affaires seulement, pour l'année 2015, on en a déjà 52!" Conséquence, la justice française a mis en examen 190 personnes pour des actes terroristes, dont 116 sont en détention. Des affaires que François Falletti espère voir jugées "au plus vite, en 2015, 2016 ou au plus tard 2017". Face à ce risque permanent, le procureur général explique qu'on "ne peut pas exclure l'hypothèse qu'il y ait plusieurs attentats au même moment dans une ou plusieurs villes aujourd'hui en France".

  • Comment devraient évoluer les rapports entre justice et politique

Pour une gestion sereine de ce risque par les services de police et de renseignement, mais aussi par l'appareil judiciaire, il appelle le pouvoir politique à moins interférer dans la sphère de la justice, tout en comprenant bien que "la politique ne peut pas se désintéresser de la justice" : "le problème c'est que les politiques ne connaissent pas toujours bien la justice", poursuit-il. Au cœur du sujet, une "clé de voûte" : "la réforme du statut de la magistrature. Il faut donner au procureur des garanties supérieures, y compris dans le processus de désignation des procureurs qui ne doit pas être trop discrétionnaire."  


Retrouvez l'intégralité de l'interview de François Falletti 


François Falletti : "ils savent qu'en revenant...par Europe1fr